Le décryptage éco, France info

Le décryptage éco. La chute de la Bourse américaine est préoccupante

Les bourses sont fébriles en cette fin d'année. Wall Street vient de connaître sa pire semaine depuis 2008. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Un trader à la Bourse de New York, le 21 décembre 2018.
Un trader à la Bourse de New York, le 21 décembre 2018. (MAXPPP)

Wall Street vient de connaître sa pire semaine depuis 2008, ce qui démontre la fébrilité des bourses internationales pour cette fin d'année. L’indice Dow Jones a perdu presque 3% la veille de Noël, la chute a atteint 8% en une semaine. Avec des incidences sur certaines valeurs : si vous prenez Amazon, par exemple, le titre a beaucoup reculé ces derniers temps au point que Jeff Bezos son fondateur et PDG, a perdu plus de 55 milliards de dollars en moins de quatre mois. Néanmoins, il reste l'homme le plus riche du monde !

Mais ces chutes sont préoccupantes, parce que jusqu’à présent les analystes voyaient dans les mouvements boursiers de simples corrections de marché. L’ampleur et la rapidité des évolutions sont telles que beaucoup y voient un mouvement plus profond, allant bien au-delà du seul ajustement.

Donald Trump à l’origine du plongeon, entre autre

Plus encore qu’auparavant, les investisseurs ont pris peur ces derniers jours face aux multiples incertitudes politiques et économiques aux États-Unis. Depuis samedi, aux USA, c’est le "shutdown", les administrations fédérales sont en partie fermées, par manque de financement. Cela fait suite à l’absence d’accord au Congrès concernant le financement d'un mur à la frontière mexicaine. Et les ÉtatsUnis ne semblent pas sortis de cette impasse budgétaire : mardi 25 décembre, Donald Trump était encore campé sur ses positions.

Il y a aussi les critiques répétées du président américain à l’égard du patron de la réserve fédérale, Jérome Powell qui inquiètent les marchés. Donald Trump est agacé par la décision de la banque centrale d'augmenter une nouvelle fois les taux la semaine dernière. Mais tout ça se situe aussi dans un contexte global de ralentissement de l’économie mondiale, sur fond de guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Sans oublier les cours du baril de brut qui fondent comme neige au soleil. Autant d'éléments qui font que les entreprises et les investisseurs anticipent des profits en baisse.  

Les tensions boursières vont au-delà des États- Unis

Même si la bourse de Tokyo ouvre avec un rebond, elle a enregistré, le jour de Noël, une dégringolade historique de 5%, revenant ainsi à son niveau d’il y a 20 mois.

Les places boursières chinoises ont également évolué dans le rouge

Comme aux États-Unis, ce qui est frappant c’est l’accélération récente de la chute Et L’Europe est encore plus mal lotie. Les places du Vieux continent accompagnent les reculs de Wall Street . Elles ont terminé lundi en repli : de Paris à Francfort en passant par Madrid, les baisses depuis un an se situent autour de 15%.  

Coincées entre Noël et le Jour de l’An, les prochaines séances promettent d’être peu actives en volume. Il y a peu de chance que les rares intervenants présents prennent des initiatives téméraires. De son côté, Donald Trump a tenté de rassurer mardi , en disant qu'il avait confiance dans les entreprises américaines, et appelant les investisseurs à rester calmes. Pas sûr toutefois que ce soit suffisant. 

Un trader à la Bourse de New York, le 21 décembre 2018.
Un trader à la Bourse de New York, le 21 décembre 2018. (MAXPPP)