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Le décryptage éco. Immobilier : pourquoi le marche du logement neuf est en tension

La pénurie de logements neufs en France dure depuis longtemps et ce n’est pas prêt de s’arranger. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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Des appartements sont à vendre dans cet immeuble neuf, à Paris.
Des appartements sont à vendre dans cet immeuble neuf, à Paris. (MAXPPP)

Des difficultés pour trouver un appartement neuf en France, on n’a pas vu ça depuis 2014 : lors du premier trimestre 2019, les mises en vente ont chuté de presque 37 % par rapport à la même époque l’année dernière 2018, ce qui représente près de 13 000 logements en moins. C’est un vrai problème parce que dans le même temps, la demande de logements neufs reste très forte. Selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), le problème c'est la production. Les promoteurs ont du mal à lancer de nouveaux projets, à construire des immeubles, des maisons aux particuliers. 

Une baisse dûe aux élections municipales

Selon les professionnels, cela tient au fait qu’on se rapproche des municipales et que ces élections sont un frein. Même si elles n’auront lieu que dans un an, les maires qui ne savent pas s’ils seront réélus ne veulent plus donner des permis de construire et libérer du foncier. On est déjà dans une période d’attentisme. L’autre raison de ce ralentissement, c’est le manque d’entreprises disponibles, pour construire et aménager les bâtiments. On en parle souvent, du manque de bras, de main d’œuvre dans le secteur de la construction mais il est réel. Du coup quand les promoteurs parviennent à avoir un terrain, un permis de construire, ils sont empêchés pour lancer les travaux.

Comme on construit moins de logements, et qu’il y a toujours de la demande, les prix montent. Ils ont grimpé de 2% au premier trimestre par rapport à la même période l’année dernière. Et ils devraient monter encore, si la pénurie continue. Et elle risque de continuer, disent les promoteurs parce qu’ils ont déjà puisé dans leur stock, qui a baissé de 11% ces derniers mois.

Résultat : ils n’ont même plus une année d’avance de stock. Ce manque est particulièrement criant dans certains territoires, comme à Angers à Brest, ou encore Montpellier.

Les prix flambent dans l'ancien 

Du coup, les gens se rabattent sur l’immobilier ancien. Les marchés sont un peu différents, ils ne correspondent pas aux mêmes attentes. L’ancien se porte bien. Très bien, même, les transactions ont rarement été aussi hautes. On frôle le million sur l’année. On disait pourtant que 2019 serait une année de repli. Il n’en est rien et là aussi les prix grimpent  : +3% ce premier trimestre. Le marché est aussi dopé par les taux de crédit immobilier français qui ont presque retrouvé leur plancher historique, à peine au-dessus de 1%.

À Paris, les prix continuent de s’envoler, c’est la surchauffe : aucun arrondissement n’est à moins de 8 000 euros en moyenne le mètre carré. Le 20e arrondissement, le moins cher, se négocie actuellement à 8 200 euros le mètre carré, quand le plus cher, le 6e, culmine à presque 14 000 euros le mètre carré. Et ça devrait encore continuer. 

Ailleurs, en revanche, il y a de grandes disparités sur le territoire. Dans certaines agglomérations, des villes moyennes comme Saint-Etienne par exemple, ou dans certaines zones rurales, le marché reste déprimé depuis la crise de la fin des années 2000. Et là, c’est le repli.

Des appartements sont à vendre dans cet immeuble neuf, à Paris.
Des appartements sont à vendre dans cet immeuble neuf, à Paris. (MAXPPP)