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Le décryptage éco. Ces banques sur le fil du rasoir

La plus grosse banque du monde, Deutsche Bank a publié des résultats dans le vert ce mercredi 27 octobre mais inquiète encore. L’ombre de la crise bancaire plane encore comme au temps de Lehmann Brother’s et les malades ne sont pas encore tous guéris.

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La Deutsche Bank à Jakarta en Indonésie, le 28 janvier 2003.
La Deutsche Bank à Jakarta en Indonésie, le 28 janvier 2003. (CHOO YOUN-KONG / AFP)

Si Deutsche Bank met la clef sous la porte, selon le FMI, ce sera trois fois la déflagration de Lehman Brother’s. Mais la banque a surpris et rassuré ce matin en annonçant un bénéfice de 256 millions d’euros au troisième trimestre alors qu’on attendait près d’un milliard de perte, l’an dernier à al même époque , c’était six milliards de l’an dernier. Mais Deutsche Bank doit encore payer l’amende américaine, pour avoir tripatouillé dans l’affaire des subprimes, entre 5, 4 milliards et 14 milliards d’euros, et faire face aux 8 000 plaintes dont elle fait l’objet dans le monde entier. La progression de son chiffre d’affaire, + 2 %, rassure tout même si comme toutes les banques européennes, mais son business-model spéculatif à vécu. En Bourse, elle a perdu 40 %. À 13 € l’action, la Deutsche Bank ne vaut plus rien.

En Italie aussi

L’Italienne Monte dei  Paschi di Sienna, la plus vielle banque du monde, crée en 1472 vient d’être sauvée pour la troisième fois. Le titre a joué au yoyo à la bourse cette semaine, cotation suspendue à plusieurs reprises, avant l’annonce d’un plan stratégique qui laisse dubitatif. Il s’agit de recapitaliser encore une fois la banque à hauteur de cinq milliards d’euros, la même somme qu’en avril 2014 déjà, en mai 2015, elle avait aussi reçu quelques trois milliards d’euros. Cette fois, on parle d’un fonds quatari, du Koweit ou de la Chine pour voler à son secours. Elle promet de se débarrasser de 27 milliards d’actifs pourris et de renouer avec les bénéfices en 2019. Mais pour l’instant, elle est dans le rouge avec des pertes déjà estimées à près de cinq milliards et tenue la tête hors de l’eau de justesse. C’est la plus fragile des banques italiennes qui possèdent encore quelques 85 milliards d’euros d’actifs pourris. Certaines d’entre elles doivent être vendues mais ne trouvent pas d’acquéreurs.

L’emploi au coeur des restructurations

Comme souvent, pour soigner le malade, on l’ampute. 500 agences vont fermer chez Monte dei Paschi di Sienna, 2 600 postes supprimés d’ici à 2019. Chez Deutsche Bank, ce sont  9 000 postes qui vont disparaitre, et des agences avec. Le secteur bancaire qui recrutait à tour de bras au début des années 2000, est en plein marasme. Depuis la crise des banques, on lui demande davantage de fonds propres pour être plus solide, mais les établissements ont du mal car la politique des taux bas menée  par la BCE affaiblit leurs gains. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la Fintech, les banques en ligne viennent en plus bousculer les habitudes. Contraintes de dépenser moins et d’être concurrentielles, les banques traditionnelles dégraissent à tout va. Ce qui n’empêche pas la banque mondiale de s’inquiéter de leur fragilité, surtout en Europe.

 

 


Ces banques sur le fil du rasoir par franceinfo

La Deutsche Bank à Jakarta en Indonésie, le 28 janvier 2003.
La Deutsche Bank à Jakarta en Indonésie, le 28 janvier 2003. (CHOO YOUN-KONG / AFP)