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Le décryptage éco. Brexit : pourquoi la grève du zèle des douaniers français dure depuis près de quatre semaines

Les douaniers réclament des moyens supplémentaires à l’approche du Brexit. Le mouvement perturbe fortement le trafic routier mais aussi les Eurostar entre Paris et Londres. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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Attente en gare du Nord dans le terminal Eurostar, le 18 mars 2019.
Attente en gare du Nord dans le terminal Eurostar, le 18 mars 2019. (IAN LANGSDON / EPA / MAXPPP)

Les douaniers réclament des moyens supplémentaires à l’approche du Brexit. Depuis le 4 mars, ils font la grève du zèle ce qui a pour conséquence de créer des ralentissements voire des bouchons. Eurostar déconseille même de prendre le train depuis Paris pour Londres, sauf si nécessaire. Et ce jusqu’au mercredi 3 avril. Selon la compagnie, plusieurs trains sont supprimés et côté route, dans les Hauts-de-France, il faut s’attendre à des encombrements, des ralentissements et des blocages à l’entrée du tunnel sous la Manche, au niveau de l’A16, mais aussi dans les ports.

Les douaniers font ce qu’ils appellent "une grève du zèle", c’est à dire qu’ils contrôlent tous les véhicules, ou tous les passagers à la gare du Nord, et qu’ils prennent leur temps pour le faire. Au lieu de 30 secondes pour vérifier un passeport, ils prennent plusieurs minutes, d’où les bouchons. 

Plus de moyens pour affronter le Brexit

Leur principale demande, c’est plus de moyens avec le Brexit, c’est-à-dire des embauches pour faire face au rétablissement des frontières physiques mais aussi au renforcement des contrôles et des procédures administratives. Ils font valoir qu’il y a eu déjà de nombreuses coupes dans leurs effectifs. Les syndicats évoquent le chiffre de 6 000 douaniers en moins depuis 20 ans. Le gouvernement, lui, dit que c’est plutôt 4 000 postes en moins.

En tout cas, aujourd’hui, il y a 17 000 douaniers français dont beaucoup sont mécontents. Et leurs revendications, en réalité, sont beaucoup plus larges. Puisqu’ils demandent des hausses de salaires et de meilleures conditions de travail.   

Bras de fer avec le gouvernement

Des réunions se tiennent entre le gouvernement et les syndicats, jeudi soir encore. Et vendredi, des discussions sont à nouveau prévues Mais ça ressemble à un dialogue de sourds. Il y a 15 jours, le gouvernement a mis 14 millions d’euros sur la table, notamment pour financer une augmentation de 50 euros nets par mois pour tous les douaniers et financer des primes. Mais les représentants syndicaux, eux, estiment que ce n’est pas suffisant, ils réclament une hausse de 100 euros nets et la revalorisation des heures de nuit. 700 agents supplémentaires sont prévus d'ici 2020.

Le gouvernement faisant valoir qu’il a déjà prévu le cas d’un Brexit dur, c’est à dire sans accord. Sur ces 700 postes à venir, 250 sont déjà opérationnels et 250 autres viennent de sortir d'école et devraient l’être bientôt. Mais là encore, les centrales ne sont pas satisfaites. Le gouvernement ne compte pas aller plus loin car il dit que ce n’est pas tenable financièrement.

Les douaniers, de leur côté, ne veulent pas lâcher. Tous les syndicats font cause commune, ils sont tous embarqués dans le mouvement que ce soit la CGT, la CFDT, FO ou l’Unsa. Autant dire que la guerre d’usure qui a commencé pourrait durer encore quelques temps.        

Attente en gare du Nord dans le terminal Eurostar, le 18 mars 2019.
Attente en gare du Nord dans le terminal Eurostar, le 18 mars 2019. (IAN LANGSDON / EPA / MAXPPP)