Le décryptage éco , France info

Le décryptage éco. Amazon n'est plus l'enseigne favorite des Français

Le regard des Français sur Amazon a changé : le géant américain n'est plus l'enseigne préférée des Français d'après le conseil en stratégie OC & C. Dans son classement annuel, Amazon, perd sa place de premier et chute à la cinquième.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Le logo d\'Amazon pris en photo le 28 décembre 2016 à Vertou (Loire-Atlantique).
Le logo d'Amazon pris en photo le 28 décembre 2016 à Vertou (Loire-Atlantique). (LOIC VENANCE / AFP)

Les Français préfèrent désormais d'autres enseignes à Amazon, alors que le géant américain a été cinq fois en haut du podium en sept ans. C'est ce que révèle un classement publié mardi 30 janvier par le cabinet de conseil en stratégie OC & C. Amazon vient donc de se faire détrôner par Décathlon et chute à la cinquième place. Cultura, magasin de produits et activités culturelles arrive en deuxième position, suivi du spécialiste des surgelés Picard et de la Fnac. 

La raison ? Le rapport qualité-prix du géant de l’e-commerce se dégrade et le service client est moins bon. Selon les consultants qui ont fait l’étude, le problème d’Amazon, c’est que la firme est sur tous les produits, balaie tous les secteurs. Or, aujourd’hui ce qui paie, c’est la différenciation.

La mauvaise réputation d'échapper à l'impôt

Cela s'explique aussi en partie par le fait que la réputation d'Amazon d'échapper à l'impôt lui colle à la peau. Amazon est dans le viseur de la Commission européenne qui lui reproche son optimisation fiscale. Ces polémiques n’arrangent rien. De même, les conditions de travail dans les entrepôts n’ont pas bonne presse. En octobre dernier, plusieurs grèves ont eu lieu en Italie et en Allemagne. Les salariés protestaient contre la façon dont ils étaient traités. Amazon avait été aussi pointé du doigt en France par les syndicats en lançant un jeu, qui incitait les employés à se dénoncer entre eux. C’était une sorte de "balance ton manager ou ton collègue", sur le modèle de "balance ton porc".

Un "business model" destructeur de postes

Tout le monde a compris que le e-commerce menace des emplois. On l’a vu avec Carrefour qui a annoncé des suppressions de postes. C'est le cas d'Amazon Go qui vient d’être lancé à Seattle. Il s'agit d'une superette où vous ne passez plus par la caisse. Elle n’existe plus. Le principe : vous badgez grâce à votre téléphone portable quand vous rentrez dans la superette et quand vous faites vos courses, des caméras et des capteurs observent les produits que vous sélectionnez à l’aide d’une intelligence artificielle. Une fois les courses finies, vous sortez du magasin. Le règlement se fait automatiquement par le débit de votre compte en banque utilisé sur le compte Amazon. Des exemples comme cela vont se multiplier. Ils bousculent les métiers de la banque, de l’assurance, de la santé. D’ailleurs, Amazon vient d’annoncer qu'il allait investir le marché des assurances et proposer aux Américains un système de protection sociale. 

Une entreprise incroyablement avant-gardiste

Amazon vient d’ouvrir, toujours à Seattle, des "biosphères", des dômes transparents géants remplis de plantes, censés rendre les salariés plus efficaces. Cette installation s'adresse surtout aux ingénieurs et non aux ouvriers dans les entrepôts. Autant dire qu’on n'a pas fini avec les innovations de Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon, l’homme le plus riche du monde. Il possède une fortune de 113 milliards de dollars, soit 92 milliards d’euros, la plus grande richesse jamais atteinte selon Forbes.

Le logo d\'Amazon pris en photo le 28 décembre 2016 à Vertou (Loire-Atlantique).
Le logo d'Amazon pris en photo le 28 décembre 2016 à Vertou (Loire-Atlantique). (LOIC VENANCE / AFP)