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Le décryptage éco. ADP, devenu le premier groupe aéroportuaire du monde, reste sur la liste des entreprises à privatiser

Le groupe ADP, qui gère en particulier Roissy et Orly, est un exemple d'entreprise publique qui rapporte de l’argent. Il figure dans le volet privatisation du projet de loi Pacte. Le décryptage de Fany Guinochet ("L'Opinion").

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Aéroport Roissy-Charles de Gaulle, à Paris. (illustration)
Aéroport Roissy-Charles de Gaulle, à Paris. (illustration) (LO PRESTI / MAXPPP)

Cocorico pour le groupe APD qui devient ainsi le premier groupe aéroportuaire mondial avec 281 millions de passagers accueillis en 2018. Le gestionnaire des aéroports de Roissy et Orly remporte un succès franc à Paris mais pas seulement. Le trafic a augmenté de 7,5% dans les nombreux aéroports que gère le groupe dans le monde entier, à Zagreb, en Croatie, à Santiago du Chili ou à Amman, en Jordanie.

Plus de 100 millions de passagers à Paris

Rien qu’à Paris, qui est le cœur d’ADP, avec Roissy-CDG et Orly, 100 millions de passagers ont transité par ses hubs, 105 millions exactement, en 2018. Et ce, malgré les grèves du printemps. Mais tout de même, s’il n’y avait pas eu les manifestations sociales, le conflit chez Air France mais aussi la grève perlée à la SNCF, le groupe a calculé que sa croissance du trafic parisien aurait été encore meilleure : le seul marché qui baisse en 2018, ce sont les lignes franco-françaises. Les lignes internationales long courrier ont continué d’augmenter très fortement. Elles sont d’ailleurs à l’origine de ces très bons chiffres.

ADP affiche un bénéfice en nette progression de +7%. Sa capitalisation boursière est extrêmement bonne. Sa valorisation dépasse les 16 milliards d’euros. ADP est donc une très très bonne affaire pour l’État qui en possède un peu plus de la moitié : 50,6 % exactement. C'est l’exemple d’une entreprise publique qui rapporte de l’argent. Si l’État vendait aujourd’hui ses actions, il pourrait espérer en retirer plus de 8 milliards d’euros.  

Une privatisation toujours polémique

La loi Pacte, la loi pour la croissance des entreprises, comporte un important volet sur les privatisations. Dans la liste des entreprises qui pourraient être privatisées, on retrouve ADP, aux côtés d’Engie ou de La Française des Jeux. Cette cession fait débat, même si on a peu de détails. Est-ce que ce sera tout ou une partie qui sera cédé ? La semaine dernière, les sénateurs ont voté contre la privatisation d’ADP. Il n'est pas question de brader les bijoux de famille, de se séparer d’une poule aux œufs d’or comme ADP. Au Sénat, les oppositions sont venues aussi bien de la droite que de la gauche. Outre l’argument économique, les sénateurs ont aussi mis en avant des questions de souveraineté et de sécurité pour justifier le maintien de l’entreprise dans le giron public.

Pour Bruno Le Maire, qui porte la loi, cette privatisation est "une nécessité absolue" pour préparer l'avenir. Le ministre de l’Économie veut récupérer de l’argent pour l’injecter dans un fonds d’innovation de 10 milliards d’euros, pour les entreprises et notamment investir dans l'intelligence artificielle et dans les technologies nouvelles.

Il n’a pas dit son dernier mot car la discussion au Parlement est loin d’être terminée. Le projet Pacte va faire l’objet d’une commission mixte paritaire la semaine prochaine, avant de revenir devant l’Assemblée nationale. Le gouvernement vise une adoption avant l’été 2019.

Aéroport Roissy-Charles de Gaulle, à Paris. (illustration)
Aéroport Roissy-Charles de Gaulle, à Paris. (illustration) (LO PRESTI / MAXPPP)