Calendrier, mode d'action, négociations... On vous explique la grève "perlée" à la SNCF

L'intersyndicale des cheminots a opté jeudi pour un mouvement dur, une grève au rythme de "deux jours sur cinq" d'avril à juin, contre la réforme voulue par le gouvernement.

Un TGV à quai, gare Montparnasse, le 3 décembre 2017. 
Un TGV à quai, gare Montparnasse, le 3 décembre 2017.  (MARTIN BUREAU / AFP)

Une grève au rythme de "deux jours sur cinq" contre la réforme de la SNCF. L'intersyndicale des cheminots a décidé, jeudi 15 mars, d'une grève sur courant alternatif du 3 avril au 28 juin, comprenant les vacances de printemps et les différents ponts du mois de mai. Les syndicats s'élèvent notamment contre la volonté du gouvernement de légiférer par ordonnances, pour lesquelles un projet de loi d'habilitation a été présenté mercredi en Conseil des ministres et doit être voté d'ici l'été. Quels sont les jours concernés par cette grève dite "perlée" ? Comment les syndicats de la SNCF justifient-ils ce mode et d'action ? Quelle est la réponse du gouvernement ? Voici les réponses de franceinfo.

Quand les cheminots prévoient-ils de faire grève ?

En avril : les mardi 3 et mercredi 4 ; les dimanche 8 et lundi 9 ; les vendredi 13 et samedi 14 ;  les mercredi 18 et jeudi 19 ; les lundi 23 et mardi 24 et les samedi 28 et dimanche 29. Attention, durant cette période l'ensemble des zones seront en vacances scolaires de printemps : du 7 au 23 avril pour la zone A, du 21 avril au 7 mai pour la zone B et du 14 au 30 avril pour la zone C.

En mai : les jeudi 3 et vendredi 4 ; les mardi 8 (jour férié) et mercredi 9 (veille de l'Ascencion) ; les dimanche 13 et lundi 14 ; les vendredi 18 et samedi 19 (veille de week-end de Pentecôte) ; les mercredi 23 et jeudi 24 et les lundi 28 et mardi 29.  

• En juin : les samedi 2 et dimanche 3 ; les jeudi 7 et vendredi 8 ; les mardi 12 et mercredi 13 ; les dimanche 17 et lundi 18 ; les vendredi 22 samedi 23 et les mercredi 27 et jeudi 28. Attention, certains jours de grève sont programmés pendant les épreuves du brevet (28 et 29 juin) et du bac (du 18 au 25 juin). Vous pouvez retrouvez le programme détaillé des examens sur le site du ministère de l'Education nationale.


Pourquoi ont-ils choisi ce mode d'action ?

Trente-six jours de grève étalés sur trois mois, est-ce inédit ? Pour Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, invité de France Bleu, cette grève perlée est une réponse "avec imagination à la limitation du droit de grève imposée par les derniers gouvernements". L'intersyndicale CGT-Unsa-Sud-CFDT de la SNCF "constate que le gouvernement n'a aucune volonté réelle de négocier" et "prend la responsabilité [d'un] conflit intensif sur une très longue durée", explique Laurent Brun, secrétaire national de la CGT Cheminots, principal syndicat de la SNCF. 

C'est un choix assez innovant parce que nous allons engager un conflit marathon. On ne pense pas que pour convaincre le gouvernement il faille un sprint.Rémi Aufrère-Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT Cheminotsà franceinfo

De son côté, Sud Rail laisse planer la possibilité d'un conflit plus rude : le syndicat souhaite que les salariés grévistes décident eux-mêmes en assemblée générale le 4 avril s'ils veulent une grève reconductible tous les jours ou "s'ils s'inscrivent dans ce calendrier". Sur franceinfo, le secrétaire fédéral du syndicat a indiqué que la grève perlée "n'est pas forcément la stratégie que l'on préfère". Eric Meyer préférerait "une riposte de plus haute ampleur"

La grève peut-elle encore être évitée ?

Alors que les syndicats ont opté pour une grève "deux jours sur cinq", la ministre des Transports Elisabeth Borne répond "négociations sept jours sur sept", assurant qu'il y a "beaucoup de sujets à négocier" : les "dates de l'ouverture à la concurrence", "les parcours de carrière", "l'organisation de la SNCF"... "Il y a une concertation qui est ouverte, note le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, sur franceinfo. Pour l'instant, il y a eu une écoute attentive mais rien de plus."

Il reste 15 jours pour que le gouvernement entende un certain nombre de points.Laurent Berger, secrétaire général de la CFDTà franceinfo

"Mon objectif, c'est que la concertation, la négociation, permettent d'écrire ensemble la loi", des "dispositions peuvent être introduites par amendement dans le texte lors des débats parlementaires à la place des ordonnances", ajoute Elisabeth Borne, sur CNews. La veille, sur BFMTV, la ministre des Transports a regretté une "posture incompréhensible" de la part des syndicats : "Je ne peux que déplorer cette décision qui manifestement vise à pénaliser les usagers."

Sud Rail – qui envisage un mouvement plus rude – dénonce de son côté "une stratégie de communication". "Il y a eu une vingtaine de réunions, mais on n'est ni dans la concertation, ni dans la négociation, assure Eric Meyer. On est dans l'explication de texte et on voit bien qu'entre ce qui a été présenté hier et les déclarations du Premier ministre il y a trois semaines, il n'y a pas une virgule qui a bougé."