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La France en panne d'investissements

Chefs d’entreprises, ministres et experts se retrouvent aujourd’hui à l’Elysée pour des « assises de l’investissement ». L'occasion de trouver des solutions pour relancer les investissements des entreprises.

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Le recul de l'investissement, c'est le chiffre noir de l’économie française. Après une année 2013 déplorable, tout le monde avait parié sur un rebond en 2014. Mais non, le niveau de l’investissement a encore reculé depuis le début de l’année, moins 0,7% au premier trimestre, puis encore moins 0,8% au deuxième.

Pas d'innovation, pas de nouveaux produits

Pourquoi c’est décisif l’investissement ? Tout simplement parce qu’il mesure la capacité d’un pays à se projeter dans l’avenir. Sans investissement, aucune reprise durable de la croissance, aucune montée en gamme de notre appareil productif. En somme, pas d’innovation, pas de nouveaux produits.

Et en France, le mal est profond : pensez que les entreprises les plus dynamiques, celles que regroupe l’association croissance Plus, sont moins d’un tiers à vouloir investir dans les six mois qui viennent. En général, les pays en panne d’investissements sont des pays à la démographie vieillissante, qui portent ainsi en eux une profonde aversion au risque. Bref, l’investissement, c’est le grand blocage français.

 

Faire confiance aux jeunes et aux seniors   

 

Une bonne partie des économistes français était réunie cet été pendant trois jours à Aix-en-Provence, avec des chefs d’entreprises et des experts venus du monde entier, précisément pour comprendre les ressorts et les enjeux de l’investissement.

Leur grand messe s’est achevée par un document qui liste les dix actions qui permettraient cette relance tant attendue de l’investissement. Rassurez-vous je ne vais pas vous en infliger la lecture, mais je vais me contenter d’en retenir trois points essentiels.

1/ Rassurer les investisseurs et arrêter de changer sans cesse le cadre fiscal et réglementaire : un investisseur a besoin de stabilité, c’est une évidence, mais cette évidence a souvent été battue en brèche.

2/ Partager les risques entre partenaires privés et publics : l’État ne peut plus faire seul, vu l’état des finances publiques, mais il peut contribuer à stimuler les investissements privés.

3/ Investir dans le capital humain , c’est-à-dire dans les hommes et les femmes : ça commence avec la jeunesse, il faut s’occuper de ceux qui sortent du système scolaire ; ça se poursuit avec les seniors, il faut reconstruire totalement la formation professionnelle tout au long de la vie des salariés, les savoir-faire vieillissent vite dans cette époque de mutations, il n’y a plus de métier aujourd’hui qui n’ait besoin de formation continue. En économie, tout se tient.

 

Une relance à l'échelle de l'Europe

 

Absolument, c’est d’ailleurs pour cette raison que le nouveau président de la commission, Jean-Claude Juncker a promis un plan européen de 300 millions d’euros, avec le soutien de la France et même de l’Allemagne.

Pour que ça marche, il ne faut pas simplement cibler de grandes infrastructures, les routes ou le bâtiment, mais investir dans les services, il faut accompagner les entreprises innovantes. C’est l’orientation des investissements vers ces nouveaux secteurs qui sera le plus efficace.

C’est aussi à cette aune qu’il faudra donc juger cette mobilisation de la France et de l’Europe en faveur de l’investissement. 

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