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L'onde de choc après SwissLeaks

Cinq jours après les révélations sur la fraude fiscale planétaire via la filiale suisse de la banque HSBC, beaucoup de pays ont réagi et beaucoup de procédures ont été engagées. Et certains gouvernements ont même été mis en difficulté.

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Ce scandale a provoqué une onde de choc. D'abord par l'importance des sommes en jeu (près de 180 milliards d'euros), et puis par le nombre de pays concernés (des contribuables de près de 200 pays sont concernés).

Première conséquence : de nombreuses institutions fiscales, des institutions judiciaires, des Etats se sont réveillés et ont transmis une demande officielle à la France pour obtenir les fameux fichiers avec la liste des clients de la filiale suisse de HSBC. Chacun veut ainsi retrouver les contribuables de son pays. Avant même ces révélations, la France avait déjà fourni des fichiers à 16 pays. Elle va donc poursuivre, au nom de la coopération internationale contre la fraude fiscale. De nouvelles actions administratives et judiciaires vont suivre dans des dizaines de pays. En Tunisie, le Parquet vient d'ouvrir une enquête qui s'intéresse à 256 clients de la banque, surtout des proches de l'ancien régime de Ben Ali.

Mais c'est au Royaume-Uni que le scandale fait le plus de bruit.

Oui, car le siège de la banque HSBC se trouve à Londres. De plus, le patron de la banque au moment des faits est ensuite entré au gouvernement de David Cameron comme secrétaire d'Etat au Commerce. Aujourd'hui, Stephen Green n'est plus au gouvernement mais les soupçons se multiplient : pouvait-il ne pas être au courant des pratiques de sa filiale suisse ? Pourquoi aucune enquête n'a-t-elle été ouverte contre la banque alors que le gouvernement avait en sa possession les fameuses listes, remises au Trésor britannique dès 2010 par la France ? Le gouvernement a-t-il cherché à étouffer le scandale ? L'opposition travailliste met d'autant plus sou pression David Cameron que des élections cruciales ont lieu dans quelques semaines.

Les Etats-Unis ont également beaucoup réagi...

Parce que la chaîne CBS et son émission 60 minutes ont révélé cette semaine que le département américain de la justice avait en main dès 2008 des preuves des cativités d'évasion fiscale de la banque suisse. Cette information a provoqué une tempête au Congrès. D'autant qu'un rapport avait déjà évoqué les transferts d'argent effectués par HSBC vers des organisations mafieuses, voire terroristes. Le département de la justice avait alors refusé d'engager des poursuites pénales contre les dirigeants de la banque et avait préféré négocier le paiement d'une amende.

Au final, c'est assez réjouissant pour le journalisme d'investigation. Une grande enquête, menée de manière très rigoureuse et professionnelle, peut faire bouger les choses. Par exemple en matière de fraude fiscale. C'est la bonne nouvelle de la semaine.

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