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Juncker sera-t-il à la hauteur ?

C’est aujourd’hui que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, va prononcer son discours annuel sur  "L’état de l’Union" devant les députés à Strasbourg. Un discours très attendu.

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Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.
Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. (VCG / MAXPPP)

Vous vous souvenez que quand Jean-Claude Juncker a pris ces fonctions, il y a moins de deux ans, il avait eu cette formule choc :  "C’est la Commission de la dernière chance". Comme pour souligner à la fois la gravité du moment européen, les défis auxquelles l’Union est confrontée et aussi la perte de perte de prestige dans l’opinion européenne de la Commission. Depuis la situation s’est encore aggravée, avec le vote des Britannique et la perspective du Brexit, c’est dire si l’Europe a besoin d’une Commission à la fois crédible, visionnaire, audacieuse, habile, bref à la hauteur d’un moment historique. Donc le discours de Juncker sur l’état de l’union aujourd’hui est forcément  très attendu. Et c’est en grande partie sur les dossiers économiques que Juncker va jouer sa crédibilité devant les 741 députés européens.

Premier point, on sent d’abord, que Juncker a engagé lors de cette rentrée, une opération reconquête en frappant fort sur deux sujets très sensibles dans l’opinion.  C’est l’amende colossale de 13 milliards d’euros infligée au géant Apple : c’est un très gros coup, un coup de maître, sur les sujets ultra sensibles de l’optimisation fiscale et du dumping fiscal : c’est un avertissement sévère donné à la fois à toutes les grandes entreprises qui se jouent des règles, notamment les géants américains de l’internet, et un coup donné à ces Etats qui comme l’Irlande font cavalier seul et subtilisent des recettes fiscales à leurs partenaires. Enfin, la Commission s’attaque à l’un des problèmes majeures de l’Union.

 

Le second dossier de cette opération reconquête concerne son prédécesseur José-Manuel Barroso

Voir son prédécesseur, dont la crédibilité était déjà très faible, rejoindre Goldman Sachs, un établissement très décrié, pour conseiller les clients de la banque sur les conséquences du  "brexit", c’est forcément désastreux. Juncker a donc durci le ton face à un risque à minima de confit d’intérêts, il a saisi le comité d’éthique de la Commission et exigé une clarification sur le rôle que tiendrait Barosso à la banque. C’était indispensable.  

Juncker va annoncer une relance de l’investissement  

Vous vous souvenez qu’il avait donné son nom, à un vaste programme d’investissement, le "Plan Juncker", dont la France est en train d’ailleurs de beaucoup profiter. Et bien Jean-Claude Juncker annoncera la prolongement de ce plan, bien au delà de 2018, pour stimuler la croissance et avec un ciblage particulier : la jeunesse et notamment celle qui est touchée par le chômage.

Est-ce que tout ça suffira, ce n’est pas sûr, Juncker devra, notamment sur les sujets économiques, montrer qu’il a une vision, et un plan capable de transcender le traumatisme du Brexit, qu’il n’est pas seulement le gardien des dogmes, mais aussi l’artisan de l’Union concrète, palpable, C’est peut-être beaucoup lui demander, mais l’Europe a besoin d’une Commission qui joue pleinement son rôle, face au grande doute, à la passivité, au chacun pour soi, et au manque d’imagination des Etats de l’Union. C’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon, c’est ce qu’on dit...


Juncker sera-t-il à la hauteur ? par franceinfo

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.
Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. (VCG / MAXPPP)