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Embargo russe sur les produits frais : quel impact pour l'UE et la France ?

Paris va rembourser Moscou 1,2 milliard d'euros pour la non livraison de ses Mistral. Ce contentieux est réglé. En revanche, le secteur agricole français est toujours sous le coup de l'embargo Russe sur les produits frais européens, mis en place il y a tout juste un an. Une mesure de rétorsion après les sanctions économiques prises contre la Russie pour son implication dans la crise ukrainienne.

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(Un navire Mistral à quai dans le port de Saint Nazaire © Maxppp)

Viande, produits laitiers, fruits et légumes,... depuis un an, Moscou interdit l'importation des produits frais de l'Union européenne. L' embargo a même été récemment prolongé d'un an. Mais la France, n' est pas le pays le plus touché.

l' Allemagne et la Pologne, en raison de leurs liens économiques plus étroits avec la Russie, sont nettement  plus affectées par ce blocus.

Les exportations allemandes de produits agroalimentaires vers la Russie ont  ainsi été divisées par deux. Résultat, un manque à gagner d'un milliard pour les agriculteurs d'outre-Rhin. La France est moins touchée, mais pas épargnée non plus par les effets de cet embargo.

D'après le ministère des Affaires étrangères, les exportations agroalimentaires vers Moscou ont reculé de 23%. Pour les producteurs de porc, qui vendaient 70.000 tonnes par an à la Russie, cela représente 800 millions de pertes. 

Quant aux produits laitiers, dont la Russie est le premier marché mondial, depuis le début de l' année, les exportations ont plongé de 78%.

Cela dit, il faut relativiser l'impact direct de cet embargo pour les producteurs français, puisqu'au départ la France n'était que le 8e fournisseur de produits alimentaires à la Russie.

Mais ce que les Européens ne peuvent plus vendre en Russie finit  désormais sur le marché communautaire, marché qui se retrouve donc saturé. Et cet afflux de produits provoque mécaniquement une baisse des cours. C'est comme ça que le cours du beurre a perdu 30%.

Cet embargo, en faisant fluctuer des prix, déjà très volatiles, en désorganisant le marché, est surtout un facteur aggravant pour les agriculteurs français, déjà confrontés aux pressions sur les tarifs imposés par les industriels et la grande distribution. On l'a bien vu récemment avec le mouvement de colère des producteurs.

(Un navire Mistral à quai dans le port de Saint Nazaire © Maxppp)