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Crise du lait : l’Europe remet au pot

500 millions d’euros. C’est ce que l’Europe vient de décider de mettre sur la table pour soutenir son marché agricole en général, le secteur laitier en particulier. Un énième plan d’aide qui ne saurait régler les questions de fond de manière pérenne.

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 Bruxelles ne sait plus comment se sortir de cet imbroglio laitier qui a pris de l'ampleur depuis l’instauration des quotas il y a maintenant 30 ans.

C'est un pas en avant, un pas en arrière. L’année dernière la Commission européenne mettait un terme à ce système des quotas laitiers qui limitaient la production. Cette dernière est repartie à la hausse dans l’ensemble de l’Europe avec pour effet la loi de l’offre et de la demande : la surproduction a entraîné la chute des prix et mis les producteurs en difficultés.

Pour ne citer que quelques chiffres : sur les seuls quatre premiers mois de 2016, la production laitière a augmenté de 5% dans l'Union européenne (+0 ,2% en France). 

Depuis deux ans, le prix du lait payé aux producteurs a baissé de 30%...  et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

C’est cette spirale infernale que la Commission européenne veut stopper. Le peut-elle réellement ?

Bruxelles veut inciter les éleveurs à réduire le volume de production de lait. L'objectif est de réduire la production européenne de près d'un milliard et demi de litres. Cette fois, la Commission se veut plus incitative avec des aides liées à des objectifs individuels et non plus globaux. Les éleveurs se verront octroyer entre 11 et 14 cts d’€ par litre de lait non produit.

La vraie nouveauté est que Bruxelles considère désormais que le déséquilibre ne peut être réglé par le seul marché

Le plan annoncé hier par Bruxelles ne concerne pas uniquement la filière laitière

150 millions d’euros seront consacrés au dossier laitier – à répartir entre les différents Etats de l’UE – plus 350 millions pour la viande porcine, les fruits et légumes impactés par l’embargo russe. Sur ce total de 500 millions d’euros, la France prendra 10% du total, soit 50 millions d’euros. Mais une fois de plus, à un problème de fond (l'organisation de la production) Bruxelles cherche une solution comptable.

Les aides qui ne sont qu'un cautère sur une jambe de bois. Les producteurs de lait, les éleveurs de bestiaux, les pêcheurs et autres maraîchers veulent vivre de leur métier et non dépendre de subventions qui ne font qu’ajuster la production de manière artificielle.

En déboursant 500 millions d’euros supplémentaires (la même somme avait déjà été débloquée en septembre 2015), Bruxelles continue de régler à grands frais ses erreurs passées. Par exemple, avoir fait le choix de la production intensive plutôt qu'extensive.

C'est tout une organisation et une philosophie qu'il faut changer. Rien de cela ne se fera à coup d'ajustements budgétaires.

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