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Charlie Hebdo : les entreprises concernées

Face au terrorisme et au drame qui a frappé Charlie Hebdo, les réactions ainsi que les comportements positifs (ou négatifs) des entreprises sont nombreux.

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On l’oublie parfois,  mais les entreprises participent à la vie de la cité, elles appartiennent ce qu’on appelle la société civile, elles sont donc partie prenante d’une manière ou d’une autre de ce qui s’y passe. On avait vu que de très nombreuses entreprises avaient fait observer la minute de silence de l’hommage national qui a suivi le drame. Mais ce matin, je veux vous raconter une histoire singulière sur laquelle je suis tombée un peu par hasard, et qui croyez moi bien, n’avait pas spécialement vocation à être rendue publique. Elle concerne General Electric, une ancienne et très grande entreprise américaine, la 7ème plus grande entreprise mondiale, présente dans les domaines de l’énergie, du transport, de l’environnement ou encore de la santé, et vous vous en souvenez certainement que nous avions beaucoup parlé de General Electric il y a quelques mois quand l’entreprise américaine avait acquis une partie de notre Alstom national. General Electric est dirigé par un patron américain qui s’appelle Jeff Immelt, et qui est entré en fonction quelques jours seulement avant le 11 septembre 2001 et l’effondrement des tours jumelles de Manhattan. Et ce n’est pas anodin.

Le patron de General Electric marque par les attentats en France

Jeff Immelt a d’abord écrit cette semaine une lettre personnelle à François Hollande dans laquelle il dit avoir été très marqué par le drame qu’avait vécu l’Amérique en 2001, et qu’il est donc au aujourd’hui au côté de la France et des Français. Une lettre sobre, à laquelle le patron de General Electric a ajouté un soutien concret à travers la Fondation General Electric qui va verser une somme importante – autour de 200 000 euros – aux associations des familles de victimes du drame. Et enfin, il a demandé à sa filiale française d’acheter hier 10 000 numéros de cette fameuse édition de Charlie Hebdo pour les distribuer à ses 10 000 salariés français.

D’autres entreprises se sont manifestées, pour le meilleur et parfois pour le pire

Aucune à ma connaissance de manière aussi forte et exemplaire que General Electric, mais d’autres entreprises – dans les domaines des médias, bien sûr, et des nouvelles technologies notamment ont manifesté leur soutien, comme plusieurs entreprises américaines encore, Google par exemple, qui à travers son fonds de financement des projets numériques de la presse française, devrait débloquer une aide de 250.000 euros. D’autres aussi, comme Publicis, ont fait acheter hier plusieurs milliers d’exemplaires de Charlie, ou pris comme quelques grandes banques plusieurs centaines d’abonnements de soutien à l’hebdomadaire.

Il y a eu aussi, il faut bien le dire, quelques comportements détestables. On pense surtout à ces pseudo entrepreneurs, une bonne cinquantaine, qui avait eu tenté de déposer, en toute discrétion, la marque « Je suis Charlie », à l’INPI, l’institut de propriété industrielle, qui d’ailleurs avait refusé de l’enregistrer. A ceux là, il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’Adam Smith, le père du libéralisme, contemporain de Voltaire, ne concevait les bienfaits de l’entreprenariat que dans le cadre de la morale et de la vertu.

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