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Brexit : le tourisme et les transports touchés

Le Brexit a déjà des conséquences immédiates : le touriste britannique et même le supporter de foot venu en France pour les matchs voit déjà son pouvoir d’achat rogné.

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Avec une livre sterling en chute libre, le touriste lambda, qu’il soit là pour le foot, la Tour Eiffel où les campagnes françaises, a déjà perdu du pouvoir d’achat. Coût estimé outre-Manche à près de 300 € pour une famille de 4 personnes et pour une semaine en France, soit deux jours  de vacances en moins pour l’un des membres de la famille. Ce taux change défavorable constitue soit une incitation à dépenser moins, soit l’envie de changer de destination. Et c’est sans parler de l’augmentation du prix du billet, prix du kérosène oblige. Londres va devoir aussi  renégocier sa place dans les accords à ciel ouvert qui ont permis depuis 92 de faire considérablement chuter les prix. Et les britanniques, ce sont près de 20 % des touristes étrangers qui viennent en France, première destination mondiale avec un chiffre d’affaire de quelques 43 milliards dont un dizième sort de la poche des britanniques. Autant dire que le Brexit est un mauvais coup pour le tourisme français.

Quid des compagnies low cost ?

Conséquences immédiates du Brexit, on l’a vu vendredi, les cours d’Easyjet , d’IAG, maison mère de British Airways, de Rynair, Iberia, Air Lingus et Vueling ont perdu jusqu’à 20% bien que la sortie du Royaume uni ne soit pas pour demain. Lorsqu’on saura quand, comment et avec quel nouveaux accords la Grande Bretagne sort de l’Union, alors en plus des questions de taux de change défavorable, on verra si les compagnies britanniques perdent le droit de s’implanter et de voler librement là où elles le veulent en Europe. C’est un point capital pour Easyjet dont le développement a été exponentiel ces dernières années et qui se verrait considérablement freiné. Il lui faudra signer un accord comme l’a fait la Suisse pour être assimilé à un transporteur européen. Et quand Easyjet fait de l’ombre aux compagnies nationales, il n’est pas sûr qu’elle obtienne satisfaction. Quant à participer à l’accord à ciel ouvert signé entre les Etats-Unis et l’Europe, là aussi, pour le Royaume-Uni, ce serait fini sauf dérogation.

Les entreprises sont-elles prêtes ?

A compter de 2019, la libéralisation du transport ferroviaire, déjà en marche dans le fret et les lignes internationales, va pouvoir se faire sur les lignes nationales. Est-ce que la Grande Bretagne pourra participer aux appels d’offre pour exploiter ces lignes ?  Et est-ce que l’Europe pourra jouer sur le terrain de jeu britannique ? Il y a une vraie question.  Quant au transport maritime, les navires pourront bien sûr livrer ou charger des marchandises dans les ports mais que se passera- t-il si ces mêmes navires passent d’un pays de l’Union à l’autre, en n’étant plus européen ?  Droit de douane ou pas ? Bref, tourisme, transport, coût du voyage, tout est sujet à interrogation. Selon une étude du cabinet international Pinsent Mason, seule une entreprise européenne sur quatre est prête à faire face au Brexit, et trois entreprises françaises sur quatre ne s’y seraient pas préparées.

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