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Le débrief politique. Un Mormon dans l'équipe Fillon : "après tout c'est son droit, c'est la laïcité", selon ses soutiens

Un Mormon chez Fillon, le brouillard cehz les candidats de la primaire de la Gauche, Jean-Marc Ayrault invité de l'émission Questions d'info, Marine Le Pen en Moselle... Tout ce qu'il ne fallait pas rater de l'actualité politique du mercredi 18 janvier, dans le débrief politque de Yaël Goosz.

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Le candidat à la présidentielle Les Républicains François Fillon, à Paris, le 14 janvir 2017. 
Le candidat à la présidentielle Les Républicains François Fillon, à Paris, le 14 janvir 2017.  (MATTHIEU ALEXANDRE / NURPHOTO)

Un Mormon dans l’équipe de Fillon

Au journal de 20 heures de TF1, mardi 3 janvier, François Fillon avait déclaré : "Je suis Gaulliste, et de surcroît, je suis Chrétien". Une foi catholique assumée, revendiquée, et qui est devenue un angle d’attaque sur les bancs de la majorité. "On peut s’étonner aussi que ce même candidat ait recruté récemment, un prêtre mormon", a lancé Laurence Rossignol, mardi 17 janvier, à l’Assemblée nationale.  Mais y a-t-il vraiment un Mormon dans l'équipe Fillon ?

Effectivement, le "monsieur fiscalité" de la campagne des Républicains est Mormon, et il s'appelle Dominique Calmels. Il est chargé de la communication au sein de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Il est également prêtre bénévole, très engagé dans le mouvement religieux, et avec des positions très claires, notamment sur le mariage homosexuel ou l’avortement. Des positions qu’il a réaffirmées à peine nommé au sein de l’équipe de campagne de François Fillon.

Un mormon dans l'équipe, "après tout c'est son droit, c'est la laïcité", disent les fillonnistes, mais cela commence à faire beaucoup de connexions avec le divin, diront d’autres. Sens commun, le bras politique de la Manif pour tous, avait rallié Fillon, bien avant le premier tour de la primaire. Le mouvement décroche cinq investitures pour les législatives. 

La poussée de Macron inquiète le camp Fillon

On en a enfin la preuve ! La cellule riposte du candidat Fillon diffuse un document de trois pages d’arguments anti-Macron. Toutes les attaques possibles y sont listées : "Emmanuel Macron : le candidat du flou et de l'ambiguïté" ; Macron, un ex-ministre inexpérimenté à l’international ; ou encore, "Le candidat qui ne comprend rien à l'entreprise !"

Les candidats à la primaire de la gauche dans le brouillard

Manuel Valls espérait que les socialistes feraient la claque à Boisseuil, mercredi 18 janvier, lors d’un meeting près de Limoges. Or, son équipe est dans le brouillard, comme toutes les autres écuries. Qui va bien pouvoir tirer son épingle du jeu dans la primaire de la gauche ? Chez Valls, on table sur les ralliements, dimanche 22 janvier, des trois "petits" - Pinel, Bennhamias et Rugy, mais rien ne dit que cela suffira à faire gonfler les voiles.

On retrouve ce même brouillard, et des crispations de fin de campagne, entre les deux autres hommes forts de cette primaire, qui chassent tous les deux à gauche : Benoît Hamon et Arnaud Montebourg. Un duel à distance, une bataille de meetings à Paris, mercredi soir. "La gauche carambar irréaliste", disent les montebourgeois de Benoît Hamon, et inversement, "la vieille gauche productiviste", disent les hamonistes d'Arnaud Montebourg.

Marine Le Pen prône le "made in France"

Pendant ce temps, Marine Le Pen est en Moselle, pour prôner le "made in France". La candidate du Front National a visité une PME à Forbach, mercredi 18 janvier. En toute modestie, elle se considère comme le modèle de Donald Trump et de Theresa May ! "Il faut faire du protectionnisme intelligent, en réalité ils sont en train d’appliquer le programme de Marine Le Pen", a-t-elle déclaré.

Jean-Marc Ayrault, invité de l’émission Questions d’infos

Comme tous les mercredis à 20h35, sur LCP - en partenariat avec Le Monde, l'AFP et franceinfo – l’émission Questions d’infos a lieu, mercredi 18 janvier, avec pour invité Jean-Marc Ayrault. L’actuel ministre des Affaires étrangères et ancien Premier ministre est en première ligne, face au bouleversement des repères diplomatiques. Donald Trump cherche-t-il à déstabiliser les Européens, à affaiblir l'OTAN ? Lui répond que c'est l'occasion d'un sursaut de l'Union, face à cette Amérique protectionniste, et face au Brexit, puisque Theresa May opte pour le "hard Brexit" (le Brexit dur). Dont acte. "C'est clair, le point numéro un c’est : comment organise-t-on le divorce ? D’ici 2019, il n’y a pas beaucoup de temps à perdre", s’inquiète Jean-Marc Ayrault.

Cependant, ces forces centrifuges existent aussi à l'intérieur de l'Union. Marine Le Pen et Frauke Petry organiseront, samedi 21 janvier, une rencontre au sommet entre les deux chefs des extrêmes droites française et allemande, à Coblence. "Pour moi, ils ont un point commun, c’est qu’ils n’aiment pas l’Europe", remarque Jean-Marc Ayrault.

Jean-Marc Ayrault tenté par le vote Macron ? 

Quant à la primaire de la gauche, ne comptez pas sur le ministre pour s'en mêler, ou pour soutenir Manuel Valls, celui qui l’a remplacé à Matignon en 2014. Il se dit bien au-dessus de tout ça : "Parmi les candidats, il y a cinq de mes anciens ministres. Il y a même un de mes anciens adjoints à la mairie de Nantes, François de Rugy. Je n’exprimerai pas de choix !"

Jean-Marc Ayrault a ajouté que le débat de la primaire l’a laissé sur sa faim, et qu’il regrette que les candidats n’assument pas plus le bilan de François Hollande depuis 2012. Conclusion : il va voter dimanche 22 janvier, mais pour après la primaire, il regarde de très près ce que va devenir Emmanuel Macron : "La question de la présence au second tour se posera pour tout la gauche. Il faudra donc se demander ‘où est la dymanique’ ?" Sera-t-elle chez Emmanuel Macron ? Jean-Marc Ayrault ne s'aventure pas plus loin, mais le silence est éloquent.

La note du débrief

20 sur 20, pour la méthode Coué de Patrick Bloche, le directeur de campagne de Vincent Peillon. Son candidat va gagner, c'est évident, selon lui. "Il y aura une surprise Peillon", assure Patrick Bloche, alors que tous les sondages mettent Vincent Peillon sous les 10% d’intentions de vote. Mais l'effet Fillon est passé par là ! Car lui avait créé la surprise.

Le candidat à la présidentielle Les Républicains François Fillon, à Paris, le 14 janvir 2017. 
Le candidat à la présidentielle Les Républicains François Fillon, à Paris, le 14 janvir 2017.  (MATTHIEU ALEXANDRE / NURPHOTO)