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franceinfo conso. Les jobs d'appoint

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"Boostez vos revenus", c'est le thème du hors-série de "60 Millions de consommateurs", en kiosque en ce moment. Aujourd'hui on évoque les petits jobs d'appoint. Des particuliers, comme de nombreuses sociétés, font appel à des personnes de tous âges proposant leurs services.

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Radio France
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Les petits boulots ont la cote ! (Illustration) (JOHANNES MANN / THE IMAGE BANK RF / GETTY IMAGES)

Pour consommer il faut dépenser, et pour dépenser il faut gagner de l'argent, et le magazine 60 Millions de consommateurs se propose de nous aider à le faire ce mois-ci. Sylvie Metzelard, rédactrice en chef du magazine nous explique ce qui a changé et comment nous y prendre dans uhors-série consacré aux moyens de booster nos revenus, actuellement en kiosque.

franceinfo : Sylvie Metzelard, vous nous avez expliqué, il y a peu, qu'on peut louer tout ce qu'on a chez soi ou presque. Autre volet de votre hors-série, tous les petits jobs d'appoint. On peut proposer tous les services ou presque ?

Sylvie Metzelard : Oui, c’est vrai ! On peut faire beaucoup de choses différentes pour quelques heures par semaine ou jours par mois. C’est assez à la carte. En fait, tout est possible si l’on a des talents à faire fructifier ; que l’on soit bricoleur, beau parleur, costaud en informatique ou doté d’une jolie plume ou super fort en orthographe. Des particuliers comme de nombreuses sociétés désormais font appel à des personnes de tous âges proposant leurs services.

Dans votre dossier, ce qui attire l'œil ce sont notamment les petits boulots qu'on peut faire depuis chez soi, comme en télétravail et quelques heures par semaine, ça ne change pas trop notre quotidien ?

Oui, il y a plein de jobs d’appoint que l’on peut faire de la maison, à condition toutefois d’avoir le matériel informatique adéquat et une bonne connexion internet. Vous pouvez, par exemple, devenir paneliste, donc répondre à des enquêtes pour des instituts de sondage ; vous pouvez faire de la téléprospection pour des sociétés, c’est ce que l’on appelle maintenant le home shoring.

Après avoir délocalisé certains services sur de grosses plateformes à l’étranger, pas mal de sociétés font appel à des indépendants pour de l’assistance aux utilisateurs, de la gestion d’agenda, du suivi de commande, du télémarketing. Sinon, à la maison, on peut aussi, plus simplement, faire du travail de secrétariat ou de traduction.

Pour ces activités-là, combien peut-on espérer gagner, combien de temps faut-il travailler chaque semaine ?

Cela dépend vraiment des jobs ; si vous devenez panéliste par exemple, vous pouvez recevoir des bons cadeaux de la marque qui a commandité le sondage ou de l’argent. Répondre à une enquête peut rapporter entre 50 centimes d’euros et 5 euros, selon le temps que cela prend pour y répondre. En s’inscrivant sur plusieurs plateformes et en répondant à plusieurs questionnaires au quotidien, on peut récolter entre 300 à 400 euros par mois.

Pour le "homeshoring", tout ce qui est téléassistance ou prospection, on passe par des plateformes et on est payé à l’acte, mais cela revient à peu près à 12 euros de l’heure.

Il faut répondre à des questionnaires et puis on peut carrément tester des produits, devenir testeur ? 

Oui, alors, cela ne veut pas forcément dire tester des trucs bons à manger. Cela peut être autant un gâteau qu’un produit ménager, un appareil ménager ou des produits de beauté. Très souvent, vous percevez là aussi des bons cadeaux ou du liquide comme pour les panélistes des sondages ; de 5 à 10 euros par test ou 60-80 euros, si vous passez une soirée à échanger sur un type de produits avec d’autres consommateurs.

On peut carrément aussi devenir mannequin ou poser pour des étudiants en art, c'est un petit job dont on entend régulièrement parler...

Vous pouvez faire de la figuration pour le cinéma ; il existe pour cela des plateformes spécialisées comme figurants.com ; allocasting.fr et une journée de figuration, c’est 105 euros (quel que soit le temps passé) 150 euros si vous êtes une silhouette, et 250 si vous avez une petite réplique.

Si vous avez un physique avantageux ou particulier, vous pouvez poser (souvent nu) pour les étudiants des Beaux-Arts par exemple ou faire mannequin mains, pieds, pour des prises de vue photo, notamment de catalogue de vente par correspondance. Il y a quelques centaines d’euros à gagner par séance, mais attention, pour le mannequinat, il faut souvent passer par des agences de casting qui prennent des commissions.

Et puis, étape supplémentaire, il y a la participation à des essais cliniques. Ça peut faire peur, sembler risquer. Est-ce qu'au moins ça rapporte ?

Ce sont souvent des étudiants qui se lancent dans ce type d’expérience. Il faut savoir que ce sont des essais souvent très contraignants et qui peuvent s’étaler dans le temps. On peut gagner entre quelques centaines ou milliers d’euros. Les sommes gagnées ne sont pas imposables ; en revanche, c’est plafonné, vous ne pouvez pas gagner plus de 4 500 euros par an.

Il y a aussi plus classiquement tous les services à la personne aussi, mais attention on ne peut pas tout faire, en tous cas, pas dans n'importe quel cadre ?

Oui, on n’a pas le droit de se substituer à un artisan qualifié. On peut faire quelques menus travaux comme changer des joints ou tailler la haie d’un jardin, mais il ne s’agit pas de se transformer en plombier, en jardinier ou en déménageur. Les gros travaux touchant à la structure d’un bâtiment sont interdits, et aussi tout ce qui touche à l’alimentation en gaz, au chauffage ou aux installations électriques. 

Et vous nous expliquez aussi que le métier de vendeur à domicile revient en force : c'est le retour des réunions Tupperware ?

Cela a beaucoup évolué et la folie autour du Thermomix a redonné ses lettres de noblesse à la vente à domicile, et l’on y démarche aussi beaucoup pour la lingerie et d’autres objets du désir...

Il existe des applications mobiles pour proposer ces services, trouver des clients. Comment cela fonctionne ? Prennent-elles des commissions ?

Il y a aujourd’hui un nombre incroyable de plateformes qui mettent en relation ceux qui ont des besoins et ceux qui offrent leur service. Dans les plateformes de jobbing pour les petits boulots en tous genres, on a par exemple allovoisins, task rabbi tou frizbizz.

La plupart du temps, vous pouvez profiter de quelques mises en relation gratuites, mais ensuite, soit vous payez un abonnement type premium (environ 10 euros) pour avoir son profil mieux exposé, et donc pour profiter des meilleures annonces. Certaines plateformes perçoivent aussi une commission de 3 à 20% sur les missions réalisées. 

Donc ce n’est pas tout bénéfice pour la personne ! D’autant plus qu’il ne faut pas oublier de déclarer ces revenus complémentaires que l’on a gagnés. Les plateformes sont tenues de déclarer les transactions qui passent par elles, donc vous n’avez aucune chance de passer entre les mailles du filet !

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