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Qui sera le nouveau Thomas Pesquet ? L'Agence spatiale européenne lance une campagne de recrutement d'astronautes

Il s'agit de la quatrième campagne de recrutement depuis la naissance de l'ESA. Les heureux élus seront connus en octobre 2022.

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L\'astronaute de l\'ESA Thomas Pesquet, à Houston au Texas le 19 juin 2020,s\'entraîne en prévision de la mission \"Alpha\" de l\'ISS prévue pour le printemps 2021.
L'astronaute de l'ESA Thomas Pesquet, à Houston au Texas le 19 juin 2020,s'entraîne en prévision de la mission "Alpha" de l'ISS prévue pour le printemps 2021. (BILL STAFFORD / NASA / AFP)

L’Agence spatiale européenne (ESA) cherche ses futurs astronautes. Si vous rêvez d’espace, de voyage vers la Lune ou peut-être Mars, si vous voulez être le nouveau Thomas Pesquet, c’est le moment ! Pour la première fois depuis 11 ans, l'ESA lance une nouvelle campagne de recrutement. La présentation a lieu mardi 16 février, à la mi-journée.

>> Découvrez notre nouveau podcast : Mars, la nouvelle odyssée

On saura très exactement en début d’après-midi quels critères seront retenus pour cette quatrième campagne de recrutement de l'ESA depuis sa naissance, au milieu des années 1970, mais ce qui est sûr c’est que pour postuler il faut être âgé de moins de 50 ans et avoir un diplôme au moins équivalent à un Master, évidemment dans des filières plutôt scientifiques (mathématiques, physique, biologie, médecine). Quelques années d’expérience professionnelles sont un plus.

Pas besoin d’être un sportif de haut niveau

L'inscription est ouverte aux garçons comme aux filles, et d’ailleurs l’ESA aimerait recruter plus de femmes, cette fois. Il n’y en avait en effet eu qu’une sur six élus lors de la précédente sélection en 2009 :  l’Italienne Samantha Cristoforetti. Quant à la condition physique, pas besoin d’être un sportif de haut niveau, être en bonne santé est suffisant selon Guillaume Weerts, chef du service de médecine spatiale au centre d’entrainement des astronautes à Cologne, en Allemagne : "On envoie des gens dans l'espace pour des durées qui sont longues dans une situation où fournir des soins médicaux est relativement limité. Bien évidemment, plus on a des risques déjà connus et plus on est exposé à des complications. C'est pour cela que l'on recherche des gens qui sont en bonne santé. En plus, les astronautes sont des gens sur lesquels on investit beaucoup d'argent. Donc, on essaye d'éviter des gens qui ont déjà des pathologies connues.

C'est un peu injuste mais on est contraints par le système, à la fois pour la durée de carrière et les difficultés dans lesquelles on se retrouverait si on avait un problème médical pendant la mission.

Guillaume Weerts

à franceinfo

Dernier élément, il n’y a pas de critères liés au statut marital : célibataire, marié, avec ou sans enfants, tout est possible au départ. Tous les candidats qui correspondront potentiellement au profil recherché seront soumis à des tests de plus en plus poussés sur plus d’un an pour au final n’être plus qu’une poignée. Les heureux élus seront connus en octobre 2022. En 2009, quand Thomas Pesquet a été recruté avec cinq autres astronautes, il y avait plus de 8 000 candidats au départ.

Des missions vers l’ISS ou plus loin...

Une fois sélectionné, il y a encore du travail avec au moins une année de formation de base pour apprendre le métier. Tout se passe à Cologne, dans le centre d’entrainement où les futurs astronautes vont apprendre le pilotage des véhicules spatiaux, à se déplacer avec une combinaison, ou encore des langues étrangères. Bref, des heures et des heures de travail intensif, mais quoi de plus passionnant rappelle Luca Parmitano, l’un des actuels astronautes de l’ESA : "Apprendre à voler avec la fusée Soyouz, faire un démarrage et un atterrissage manuel est-ce que c'est difficile avec la centrifugeuse, etc ? Oui, c'est difficile mais c'est super intéressant."

Et puis arrive le Jour J, celui où on est désigné pour une mission spécifique. Et là encore, il faut compter des années de préparation avant d’aller par exemple vers la Station spatiale internationale (ISS) comme Luca Parmitano ou Thomas Pesquet qui va y retourner en avril. Vers l’ISS ou plus loin, car pour cette génération, le programme sera ambitieux. "Les personnes que l'on va sélectionner maintenant, ils ont toutes leurs chances évidemment pour un vol lunaire au début des années 2030, explique Didier Schmitt, responsable du groupe stratégie et coordination du programme d’exploration à l’ESA. Les astronautes les plus jeunes ont toutes leurs chances d'être candidats pour une mission martienne au début des années 2040."

On va tout faire pour que dans la première mission vers et sur Mars, il y ait un Européen.

Didier Schmitt

à franceinfo

Si tout cela vous fait rêver, vous fait envie, une seule adresse : www.esa.int. Début du recueil des candidatures le 31 mars, jusqu’au 28 mai. Pour un jour, peut-être, solidement harnaché sous la coiffe d’une fusée, entendre le fameux décompte avant le décollage : "five… four… three… two… one… Ignition !"

L\'astronaute de l\'ESA Thomas Pesquet, à Houston au Texas le 19 juin 2020,s\'entraîne en prévision de la mission \"Alpha\" de l\'ISS prévue pour le printemps 2021.
L'astronaute de l'ESA Thomas Pesquet, à Houston au Texas le 19 juin 2020,s'entraîne en prévision de la mission "Alpha" de l'ISS prévue pour le printemps 2021. (BILL STAFFORD / NASA / AFP)