Présidentielle 2022 : le retour du clivage droite-gauche dans la majorité ?

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Édouard Philippe lance son parti de centre-droit samedi 9 octobre, au Havre. À Bordeaux, Olivier Dussopt se fait élire le même jour président de Territoires de Progrès, l’aile gauche de la Macronie.

Article rédigé par
Neïla Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Edouard Philippe, alors Premier ministre, et Olivier Dussopt, ministre des Comptes publics, le 7 novembre 2018 à Charleville-Mézières (Ardennes) (LUDOVIC MARIN / AFP)

Ce sera "deux salles, deux ambiances" ce week-end dans la majorité. Mais c'est bien au Havre que vont se presser les trois présidents de groupe de la majorité - Christophe Castaner pour En Marche, Patrick Mignola pour le MoDem, et Olivier Becht pour Agir. C’est bien au Havre que vont se presser aussi les caméras, ce qui fait grincer quelques dents côté Territoires de Progrès, qui peine à faire entendre sa voix depuis sa création il y a un an et demi.

Ce samedi pourtant, le parti passe une nouvelle étape, avec l’élection d'un président : Olivier Dussopt, le ministre des Comptes publics. De quoi alimenter le débat récurrent dans la majorité, sur la jambe droite de la Macronie qui écraserait une fois de plus la gauche...

En l’espèce, les deux événements sont de nature différente : Territoire de Progrès tient son congrès - un rendez-vous interne, avec les adhérents, pour installer des instances - quand Édouard Philippe lance un parti - un événement pensé pour son impact politique, avec l’annonce scénarisée du nom de la nouvelle formation.

Alliés plus que concurrents

D’ailleurs, Édouard Philippe comme Olivier Dussopt se donnent beaucoup de mal pour tordre le coup à l’idée d’une concurrence entre eux. Quoi de mieux alors que de s’afficher ensemble dans un endroit très prisé des élus et des journalistes ? À la terrasse d’une brasserie face à l’Assemblée nationale ? C’est donc bien en vue de tous que les deux hommes ont déjeuné mercredi 6 octobre. "Ce qu’il y a derrière, explique un conseiller, c’est que les deux s’entendent bien, s’apprécient, et se parlent régulièrement."

Davantage alliés objectifs que concurrents... Car ils sont nombreux autour d’Emmanuel Macron à parier sur une rebipolarisation après la présidentielle. "Moi j’y crois", me dit un conseiller du président. "Que Macron perde ou gagne, on repart vers un clivage droite-gauche un peu traditionnel", affirme, très assuré, un soutien d'Édouard Philippe, quand un proche d’Olivier Dussopt parie que "le Parti socialiste ne se remettra pas de la présidentielle."

Les deux hommes ont donc la même stratégie : prospérer sur les ruines des partis traditionnels de gauche, et de droite. Et devenir, chacun de son côté,le pôle de recomposition de l’après-Macron. Édouard Philippe, Olivier Dussopt, c’est en quelque sorte les deux bras d’une même tenaille.

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