2024, tournant politique avant 2027 ? Gérald Darmanin et Bruno Le Maire préparent déjà leur sortie du gouvernement

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L’opposition a les yeux rivés sur 2027 et la prochaine présidentielle. Mais au sein du gouvernement, c’est à une autre date que certains se préparent : objectif 2024. Le brief politique de Jean-Rémi Baudot.

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Radio France
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Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, le 17 avril 2020, lors d'une conférence téléphonique avec les représentants du secteur touristique, au ministère de l'Economie, à Paris. (THOMAS COEX / AFP)

Que faut-il lire entre les lignes ? C'est une phrase anodine prononcée la semaine dernière par Gérald Darmanin : "J'ai calculé que si je devais rester jusqu’aux Jeux olympiques, puisque c’est à peu près la feuille de route que m’a donné le président de la République, j’aurais fait 4 ans au ministère de l'intérieur". Le ministre qui explique donc devant des syndicats de policiers qu'Emmanuel Macron lui aurait donné une feuille de route jusqu’en 2024. Normalement, aucun ministre ne formalise pas publiquement de tels accords.    

La formule et la syntaxe sont assez claires : Darmanin ne semble pas s'imaginer place Beauvau après 2024. Sollicité, l'Elysée répond, embarrassé, que les JO de Paris sont une "échéance importante"… Difficile de justifier les ambitions d'un ministre. 

Européennes, JO : 2024, le tournant du quinquennat

Cette date de 2024, Gérald Darmanin n’est pas le seul à l’avoir en tête. Bruno Le Maire aussi en parle mais en petit comité. Pour les deux ministres, c'est la même idée : sauf crise politique majeure d’ici là, 2024 sera le tournant du quinquennat. Il y aura eu les élections européennes ainsi que les JO. Emmanuel Macron entamera la deuxième partie de son dernier quinquennat. Une configuration qui ouvre des perspectives trois ans avant la présidentielle 2027…  

2024, c’est d’ailleurs la date qu’Emmanuel Macron avait lui-même imposé lors d’un dîner début septembre, réclamant à ses troupes une cohésion sans faille jusque-là. Message reçu à Beauvau et à Bercy où les entourages assument ce calendrier. "En 2024, des questions se poseront", confirme un proche de Bruno Le Maire. "2024 sera un moment de vérité", renchérit un proche de Gérald Darmanin. 

Darmanin et Le Maire sous observation au parti Renaissance

Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, deux ministres, issus de la droite, deux poids-lourds politiques qui se jaugent à distance. Ils ont tous les deux pris des responsabilités au sein du nouveau parti Renaissance. C’est d’ailleurs là-bas que leur loyauté sera observée de près.  "Aucune naïveté de notre part, Bruno et Gérald ont un agenda, mais il vaut mieux les avoir dedans que dehors", précise un ministre investi dans le parti. "Tous les prétendants qui sont au gouvernement seront comptables du bilan d’Emmanuel Macron", rappelle tout de même un proche du président. Comprendre : si Macron est en échec, ils le seront aussi.

D’ici à 2024, aucune tête ne devrait donc trop dépasser. Mais après ? Chacun pourra exprimer ses ambitions, et ils ne seront pas seuls. Edouard Philippe aussi se prépare et, lui,n’est plus contraint par des jeux de loyauté au sein du gouvernement.

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