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Le brief éco. Livret A, le gouvernement enclenche la réforme

Actuellement fixé à 0,75%, le taux de rémunération du Livret A pourrait descendre à 0,5%. Cela ne se produira pas avant deux ans, mais la réforme du produit d’épargne le plus populaire en France est enclenchée.

Article rédigé par franceinfo, Emmanuel Cugny
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le siège social de la Caisse des dépôts et consignations, à Paris. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

Bruno Le Maire a précisé l’échéance : la réforme du Livret A sera effective au 1er janvier 2020. L’annonce est bien anticipée pour préparer les esprits car on peut parler d’une véritable petite révolution. Le Livret A a été créé en 1818 sous Louis XVIII et, depuis, sa rémunération – défiscalisée, on ne paie pas d'impôt – n’a jamais été inférieure à 0,75%. Toucher à ce seuil est donc politiquement très sensible. Mais nous sommes dans la vague des réformes tous azimuts et Louis XVIII, frère cadet de Louis XVI, est de l’histoire ancienne : le gouvernement assume la réforme.

0,5% minimum garanti

On ne descendra pas en dessous du 0,5% minimum garanti. En tout cas, c’est la promesse de Bruno Le Maire. En réalité, Bercy veut une méthode de calcul plus simple. Seulement voilà, le nouveau mode de calcul ne garantira plus à l’épargnant un rendement automatiquement égal, voire supérieur, à l’inflation. Exception faite du Livret d’épargne populaire, réservé aux catégories les plus modestes, qui ne pourra tomber sous le niveau d’inflation. Le LEP est aujourd’hui rémunéré au taux de 1,25%.

Quelles conséquences pour le logement social ?

Le Livret A sert à financer le logement social. Il serait tentant d’en conclure que si la baisse de rémunération décourage les épargnants, cela fera moins d’argent disponible pour ce secteur. Eh bien non. La Caisse des dépôts et consignation, qui gère majoritairement ces fonds, est formelle : même si la collecte baissait, il resterait suffisamment d’argent dans les caisses pour financer la construction. Il y a même aujourd’hui plus d’argent disponible que de demande de construction de logements sociaux.

Sur le fond, un des problèmes clairement identifiés en France est ailleurs : l'investissement. La question est de savoir comment réorienter notre épargne pour qu'elle soit plus efficace. L'épargne longue pour financer l'économie réelle, aider les entreprises à investir et créer des d'emplois. Derrière la réforme du Livret A, il y a clairement l’incitation des français à prendre plus de risques sur d’autres produits financiers. Risquer plutôt que de faire dormir son épargne de manière « pépère et rassurante ». Il va falloir l’expliquer aux Français. Cela s'appelle de la pédagogie.

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