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Le brief éco. Le succès des obligations vertes au profit de la transition énergétique

Les "Green Bonds" permettent de lever des fonds pour financer des projets à vocation environnementale et sociale. En France, cela représente 14 milliards d'euros.

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Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies à la tribune de la COP23 à Bonn (Allemagne), le 15 novembre 2017.
Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies à la tribune de la COP23 à Bonn (Allemagne), le 15 novembre 2017.(JOHN MACDOUGALL / AFP)

Financer les grands projets environnementaux avec de la dette verte. C’est le principe des Green Bonds (obligations vertes). Le sujet a été abordé lors de la conférence de l’ONU sur le climat à Bonn en Allemagne. Ce principe de financement prend de l’ampleur et la ville de Paris vient de réaliser un nouvel emprunt de ce genre.

L’équipe municipale n’est pas peu fière d’annoncer qu’elle vient d’émettre pour 320 millions d’euros d’obligations vertes, après un premier emprunt de ce genre en 2015 à la veille de la COP21. 320 millions levés à un taux de remboursement de 1,4% sur 17 ans, c’est une belle performance.

300 millions d’euros en 2015, plus 320 cette fois-ci, cela fait un total de 620 millions d’euros à taux préférentiels. Ces fonds serviront à financer des projets à vocation environnementale et sociale qui s’inscrivent dans le cadre des objectifs du futur plan climat de Paris.

Une démarche volontaire

Ces obligations vertes sont un emprunt financier émis sur le marché par une institution ou une entreprise, un peu comme un Etat émet de la dette. On appelle cela le marché obligataire, contrairement au marché action qui, lui, se traite à la bourse. Des placements au choix entre 15, 25, 30 ans et plus, réalisés le plus souvent via les banques traditionnelles. Des investisseurs achètent ces obligations en fonction de leur intérêt écolo et permettent ainsi à ceux qui ont émis la dette de financer leurs projets. C’est vraiment une démarche volontaire.

Pour l’instant, ce sont les entreprises qui y ont recourt essentiellement (Engie, EDF, SNCF…). Pour ces dernières, c’est l’occasion d’attirer de nouveaux investisseurs et de valoriser leur politique environnementale. Mais cela nécessite faut une bonne régulation pour éviter le "green washing", le verdissement volontaire de ses résultats sociaux et environnementaux, autant dire de la publicité mensongère.

Un enjeu planétaire

Les obligations vertes correspondent à une vraie demande. Elles sont très prisées par les investisseurs mondiaux. La barre des 100 milliards de dollars (85 milliards d'euros) a été franchie au niveau mondial depuis le début de cette année et 2017 n’est pas terminé.

L’encours mondial de l’argent placé dans les Green Bonds s’élève à 180 milliards d'euros, et la France est troisième sur le podium avec 13% du total des sommes placées au niveau planétaire. Rien qu’en France, on en est à 14 milliards d'euros levés pour financer la transition énergétique, Etat et entreprises privés réunis. A ce jour, l’Etat français a levé sept milliards d’euros remboursables sur 25 ans.

De plus en plus de particuliers se tournent également vers ce système d’investissement intelligent. Intéressant sur le plan de l’orientation de l’épargne car les Français disposent aujourd’hui d’un bas de laine conséquent. Autant l'utiliser à bon escient.

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies à la tribune de la COP23 à Bonn (Allemagne), le 15 novembre 2017.
Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies à la tribune de la COP23 à Bonn (Allemagne), le 15 novembre 2017.(JOHN MACDOUGALL / AFP)