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Le brief éco. L’Argentine de nouveau au bord du chaos économique et financier

Confronté à des problèmes économiques et financiers, le gouvernement a présenté lundi un plan de rigueur. Le ministre argentin de l’Economie a rendez-vous mardi à Washington avec la patronne du FMI, Christine Lagarde.

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Des manifestants défilent le 9 juillet 2018, le jour du 20e anniversaire de l\'Indépendance, dans les rue de Buenos Aires contre le président Mauricio Macri et le dernier accord signé avec le FMI.
Des manifestants défilent le 9 juillet 2018, le jour du 20e anniversaire de l'Indépendance, dans les rue de Buenos Aires contre le président Mauricio Macri et le dernier accord signé avec le FMI. (EITAN ABRAMOVICH / AFP)

L’Argentine est-elle en train de revivre la grande crise des années 2 000 ? Le pays est de nouveau confronté à des problèmes économiques et financiers. Lundi 3 septembre, le gouvernement a présenté un plan de rigueur et le ministre argentin de l’Economie a rendez-vous mardi à Washington avec la patronne du FMI, Christine Lagarde.

Le peso a perdu 50% de sa valeur face au dollar

Le ministre argentin de l’Economie va à Washington pour demander à la directrice générale du Fonds Monétaire International une accélération du programme d’aide. Car la troisième économie d’Amérique latine, avec ses 41 millions d’habitants, est de nouveau dans l’impasse : inflation galopante de 30%, déficit budgétaire chronique, etc. Les Argentins doivent faire aujourd’hui avec une monnaie, le peso, qui a perdu 50% de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année.

Pourquoi cette situation de nouveau difficile ?

Cette situation s’explique par l’enchaînement de décennies compliquées et l’incapacité des différents gouvernements successifs à redresser la barre. Tout le monde s’était montré rassuré en 2015 avec l’arrivée au pouvoir d’un président de centre-droit, Mauricio Macri, censé mettre fin à l’ère protectionniste et populiste de l'ex-présidente de gauche Cristina Kirchner. Macri avait parié sur un afflux massif d’investisseurs étrangers mais rien ne s'est produit comme prévu. Ces investisseurs sont restés prudents face à une économie toujours très risquée. Le pays a pourtant de grandes richesses naturelles, une main d’œuvre qualifiée, une agriculture très exportatrice... mais après trois ans de pouvoir, le bilan de l’équipe en place se révèle négatif.

L’Argentine doit assainir ses comptes

Plan d’austérité ou de redressement. Lundi 3 septembre, l’Etat argentin a annoncé le renforcement des allocations familiales et le plafonnement du prix de certains produits de base. En contrepartie, plusieurs ministères vont être supprimés pour faire des économies de fonctionnement et, surtout, les exportations de produits agricoles vont être plus taxées. L’Argentine ne peut plus dépenser plus qu’elle ne gagne et n’a pas le choix : il lui faut assainir ses comptes publics. Le risque pays est aujourd’hui trop élevé et le gouvernement ne peut pas emprunter directement sur les marchés pour rembourser sa dette. Il se tourne donc vers le FMI qui a déjà débloqué 15 milliards de dollars sur une aide totale de 50 milliards décidée en juin.

Une autre Grèce ?

La comparaison avec le cas grec vaut au moins sur un point : les restrictions budgétaires annoncées risquent de prolonger la récession dans un premier temps (baisse des salaires et des retraites...). Explosif sur le plan social. Mais ces mêmes efforts ont permis à la Grèce de retrouver aujourd’hui un rythme de croissance. L’Argentine est loin d’être sortie d’affaire, le tout sur fond d’intervention du FMI que la population accuse d’avoir déjà fait plonger le pays en 2001. Bis repetita.

Des manifestants défilent le 9 juillet 2018, le jour du 20e anniversaire de l\'Indépendance, dans les rue de Buenos Aires contre le président Mauricio Macri et le dernier accord signé avec le FMI.
Des manifestants défilent le 9 juillet 2018, le jour du 20e anniversaire de l'Indépendance, dans les rue de Buenos Aires contre le président Mauricio Macri et le dernier accord signé avec le FMI. (EITAN ABRAMOVICH / AFP)