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Le brief éco. La France vend moins d’armes à l’étranger et mobilise les PME

Nos exportations d’armement ont carrément fondu de moitié l’année dernière avec un volume global de ventes de 6,9 milliards d’euros.

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Un Rafale de Dassault Aviation, le 29 juin 2018, sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey.
Un Rafale de Dassault Aviation, le 29 juin 2018, sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

La France a vendu l’année dernière à l’étranger pour près de 7 milliards d’euros de matériels militaires. Les exportations françaises d’armement ont marqué le pas par rapport aux années précédentes. C’est ce que révèle le rapport annuel que le ministère des Armées vient de transmettre au Parlement.

Net repli en 2017, même si la France reste troisième exportateur d’armement au monde après les Etats-Unis et la Russie. Nos exportations d’armement ont carrément fondu de moitié l’année dernière avec un volume global de ventes de 6,9 milliards d’euros. Un repli qui intervient après deux années fastes, 2015 et 2016. En 2015, les exportations avaient atteint 17 milliards d'euros, grâce aux premiers contrats de vente du chasseur Rafale au Qatar et à l’Egypte. S’en était suivi la vente des 36 Rafale de Dassault à l’Inde. Rien de tout cela en 2017, année très "contrainte", comme on dit dans le jargon de l’industrie militaire.

Présidentielle et ralentissement économique dans les pays du Golfe

L'élection présidentielle a entraîné un certain attentisme et le ralentissement économique qui a touché la plupart des pays producteurs de pétrole a entraîné le report de certains projets. Les Proche et Moyen Orient représentent un peu plus de 60% des exportations (4 milliards d’euros en 2017). L’an dernier, les hélicoptères et les missiles – essentiellement dans le domaine naval – ont représenté plus de la moitié des exportations françaises d’armements.

Un marché qui fait toujours polémique

Les organisations non gouvernementales dénoncent ces ventes d’armes notamment à l’Arabie saoudite, un de nos plus gros clients. Réponse du gouvernement : les exportations s’inscrivent dans un cadre légal extrêmement strict, respectant les traités et engagements internationaux. On ne vend pas à tort et à travers : en 2017, 50 refus d’export ont été notifiés par les autorités françaises, pour l’essentiel vers l’Asie Centrale et du Sud Est. Mais la défense est un secteur économique à part entière avec ses 180 000 emplois directs et indirects.

La ministre des Armées, Florence Parly, vient de lancer un plan "Action PME" pour développer la présence des petites et moyennes entreprises et ETI dans les contrats de défense nationale. Elles sont aujourd'hui 28 000 à travailler pour l'armée et devraient enregistrer 40 milliards d’euros de retombés en commandes pour les PME sur la période du prochain budget des armées 2019-2025.

Un Rafale de Dassault Aviation, le 29 juin 2018, sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey.
Un Rafale de Dassault Aviation, le 29 juin 2018, sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)