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Le brief éco. Défaillances d’entreprises : les PME plus résistantes

La Banque de France va publier vendredi le nombre de défaillances d’entreprises pour le mois de septembre. Par "défaillances d’entreprise" on entend les liquidations, les redressements judiciaires ou les procédures de sauvegarde. Les chiffres ne devraient pas être trop mauvais si l’on regarde l’évolution depuis un plus d'un an.

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Un bâtiment de la Banque de France, à Paris. (illustration)
Un bâtiment de la Banque de France, à Paris. (illustration) (JACQUES DEMARTHON / AFP)

La Banque de France publie vendredi 9 novembre le nombre de défaillances d’entreprises pour le mois de septembre 2018. Des chiffres plutôt bons ces derniers temps. Entre les mois de juillet 2017 et 2018, les défaillances d’entreprises ont baissé de près de 5%, avec un recul particulièrement marqué dans l’agriculture, l’immobilier et l’industrie. C’est plutôt une bonne nouvelle. Mais ce sont quand même encore 53.000 entreprises qui ont fait l’objet d’une procédure de sauvegarde, redressement ou mise en liquidation (2000 en moins sur un an).

Des disparités

Toutes les catégories d’entreprises ne sont pas logées à la même enseigne. Il est intéressant de disséquer les chiffres : les défaillances baissent pour les PME, et augmentent pour les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) et les grandes entreprises. Nous pourrions nous en étonner, mais une autre enquête que celle de la Banque de France nous éclaire sur le sujet. Elle avait été menée par le cabinet Euler-Hermes sur la base des données 2017. Selon l’assureur-crédit, les défaillances ont augmenté l’année dernière de 46% chez des entreprises réalisant au minimum 50 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. L’agroalimentaire a été le plus touché, ainsi que le commerce de détail.

La reprise ne profite pas tout de suite à tout le monde

Dans l’agro-alimentaire, les marges des entreprises se sont contractées au cours des deux dernières années. Les marges, c’est ce qu’il reste dans les caisses après avoir payé les salaires, les impôts, charges et taxes diverses. Le recul des tarifs des produits agricoles (divisés par deux en cinq ans) n’a pas permis aux entreprises de relever leurs prix de vente, d’où une mauvaise rentabilité.

Donc, ce n’est pas parce qu’il y a un semblant de reprise économique que tout va mieux tout de suite et pour tout le monde. Quand une entreprise a plus de commandes grâce au retour de la croissance, il faut financer ces commandes, acheter de la matière première, acheter des machines, embaucher du personnel… Il est alors parfois difficile d’équilibrer les trésoreries et cela peut être fatal. Cela pour dire que malgré la nouvelle baisse des défaillances d’entreprises constatées l’année dernière, le retour aux niveaux d’avant-crise n’est pas à portée de main.

Un bâtiment de la Banque de France, à Paris. (illustration)
Un bâtiment de la Banque de France, à Paris. (illustration) (JACQUES DEMARTHON / AFP)