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Le brief éco. Croissance en zone euro : la crise oubliée ?

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Au plus haut depuis 10 ans en zone Europe, depuis cinq ans en France, l’activité économique s’est montrée solide l’année dernière.

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Radio France
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Le quartier d'affaires de la Défense, à Courbevoie (Hauts-de-Seine). (LUDOVIC MARIN / AFP)

L'activité économique dans la zone euro semble bel et bien repartie. Ainsi observe-t-on deux points et demi de croissance en 2017 pour les 19 pays qui ont adopté la monnaie unique (la zone euro), soit une croissance supérieure à celle des États-Unis (2,3%) et, surtout, un retour au niveau d’avant crise en 2007.

Pour la France, on observait 1,9% de croissance l’année dernière, ce qui peut laisser espérer 2% en 2018. Les investissements des entreprises et la consommation des ménages sont repartis à la hausse.

L'embellie pourrait durer

Les chiffres sont là, mais rappelons que le chômage commence à se stabiliser, voire à reculer très légèrement, avec un taux de croissance de 2,5%. La France en est encore loin, ce qui explique en partie pourquoi, malgré la reprise annoncée, la résorption du chômage ne sera pas réglée, loin s’en faut, cette année. Cette embellie pourrait durer, à condition de lutter contre trois facteurs plutôt handicapants : la remontée des taux d’intérêts qui a commencé ; du prix de l’énergie et de l’euro. Ce qui tend à rendre les entreprises européennes moins compétitives à l’export.

Pour ce qui est de la France, nous ne gagnerons pas seuls et l’Union européenne doit être soudée face à ce qui se prépare aux États-Unis. Washington vient en effet de mettre en place une stratégie de politique non coopérative avec une réforme fiscale très offensive. Il y avait longtemps que les États-Unis n’avaient pas mis en place une telle politique qui risque de s’avérer réellement destructrice pour notre tissu productif de ce côté-ci de l’Atlantique, avec clairement une concurrence déloyale, notamment sur le plan fiscal.

Décloisonner les gains de productivité

Sur les facteurs franco-français, nous voyons aujourd’hui que d’importants gains de productivité sont réalisés dans le secteur des nouvelles technologies et les start-up. C’est à saluer, car ce sont des éléments dynamiques, mais il faut décloisonner et en faire profiter l’ensemble de l’industrie des biens et services. Il s’agit aussi de prêter attention à ce que de bonnes pistes et de bonnes solutions, mal partagées, ne deviennent contre-productives. Cela relève d’une vraie politique publique de financement via, par exemple, une réorientation de l’abondante épargne des Français vers l’investissement et la prise de risque.

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