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Sciences : les baigneurs du littoral français, témoins de la présence de microalgues, doivent le signaler

L'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) demande aux Français d'ouvrir l'œil et d'alerter sur la présence d'eaux colorées sur le littoral. Cela pourrait indiquer la présence de microalgues.
Article rédigé par Anne Le Gall
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Des baigneurs à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) (VALÉRIE MENUT / RADIO FRANCE)

Si vous avez la chance de vous trouver sur le littoral en ce lundi 1er mai, ou dans les semaines qui viennent, et que vous constatez que l'eau a changé de couleur à certains endroits qu'elle est devenue anormalement verte, marron, rouge ou jaune, cela peut signifier qu'il y a eu une prolifération exceptionnelle de microalgues. On appelle cela une "efflorescence" ou un "bloom". Ce phénomene peut en effet survenir au printemps lorsque l'eau se réchauffe, et que l'ensoleillement augmente.

Ce n'est pas forcément un phénomène inquiétant mais effectivement, une petite minorité de ces microalgues sont toxiques. Sur les 5 000 espèces connues à ce jour, une vingtaine produisent des toxines et cela peut conduire à l'interdiction de consommation de coquillages dans la zone concernée. D'où l'importance de les repérer vite. Par ailleurs, en se décomposant, ces proliférations de microalgues peuvent aussi asphyxier d'autre espèces marines. C'est pour cela que l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) invite les citoyens qui repèrent une eau inhabituellement colorée a en prélever une petite quantité dans une bouteille ou une gourde et à l'apporter rapidement à la station Ifremer la plus proche, pour des analyses. Grâce à ce programme de sciences participatives baptisé Phenomer, plus de 500 signalements de microalgues ont deja été réalisés par des particuliers en l'espace de dix ans.

Pour aider la science

La participation du grand public est importante "parce que ces phénomènes sont souvent très éphémères... ils peuvent survenir sur des zones éloignées des stations d'observation de l'Ifremer" explique Anne Donner, coordinatrice de ce programme de sciences participatives. D'où l'importance de ces contributions des particuliers. Car au-delà de la surveillance sanitaires, il s'agit aussi pour les scientifiques, de mieux comprendre ces prolifération soudaines de microalgues. On sait qu'elles peuvent apparaître avec la chaleur et avec l'augmentation de la quantité de nutriments dans l'eau, notamment lorsqu'il y a des rejets urbains, agricoles ou industriels de phosphate et de nitrate. Mais cela n'explique pas tout. Et ces efflorescences d'algues risquent de se multiplier avec le réchauffement climatique, indique l'Ifremer. Cette année, ce phénomène s'est d'ailleurs produit plus tôt que d'habitude, dès le mois de février dans la baie d'Audierne dans le Finistère. C'est la première fois que ce phénomène est repéré si tôt.

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