Le plus grand volcan de la planète Mars était sans doute une île

Ce sont les conclusions d’un groupe de chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) qui accréditent un peu plus l’idée de la présence d’eau par le passé sur la planète rouge.
Article rédigé par franceinfo - Bérengère Bonte
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
L'Olympus Mons sur Mars. (NASA / AFP)

C’est un volcan géant, le plus grand de tout le système solaire. Son nom : Olympus Mons – le Mont Olympe en latin. Il faut l’imaginer 22km au-dessus de la surface de Mars : 2,5 fois l’Everest, pour un diamètre de 600km : pratiquement la superficie de la France. Olympus Mons a été repéré pour la première fois avec le télescope d'un italien, Giovanni Schiparelli, au XIXe siècle. Et depuis, il occupe de nombreux volcanologues et géographes comme Anthony Hildenbrand, avec son laboratoire Geops du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Paris-Saclay. Ils viennent donc d'aboutir à l’idée qu’il s’agissait probablement d’une ile volcanique, donc entourée d’un océan.

Au départ, Anthony Hildenbrand travaille sur l’évolution des îles volcaniques sur Terre : les Canaries, la Polynésie, les Açores ou encore Hawaï. En décortiquant les images de Mars prises par la Nasa et l'Agence spatiale européenne et en modélisant ce volcan, il a constaté des similitudes morphologiques. Sur Terre, là où la lave entre en contact avec l’océan, il y a une rupture d’aspect parce que le magma qui descendait du cratère de façon fluide devient plus visqueux au contact de l’eau et prend l’aspect de coussins, comme des traversins de lave. Cela crée au même endroit, une rupture de pente puisque ça s'aplatit dans la partie sous-marine. Tout ça : ils l'observent aussi sur Olympus Mons à 6km de hauteur, ce qui veut dire un océan de 6km de profondeur : comme à Hawaï.

Sans doute énormément d'eau sur Mars

Jusqu’ici, beaucoup imaginaient que cette cassure à 6km de hauteur était un amas de roches effondrés au fil du temps. Sauf que cela n’explique pas cette texture différente, ces coussins de lave qu’on retrouve d'ailleurs sur un autre volcan, Alba Mons, plus à l'Est, ce qui laisse penser qu’il y avait vraiment beaucoup d’eau. Jusqu'à quand cette eau est-elle restée ? C'est toute la question et l'intérêt de cette publication dans la revue scientifique Planetary Science Letters : convaincre la prochaine mission spatiale sur Mars (sans doute pas avant 2035) de récupérer des échantillons de roche pour les dater et donc dater des traces de vie, évidemment ! L'ordre de grandeur c'est entre 3 et 3,5 milliards d'années. Mais l'idée serait d'affiner. L'équipe de Saclay travaille d'ailleurs sur un dispositif qui permettrait d’effectuer la datation sur Mars directement, durant la mission en espérant que la Nasa accepte de le miniaturiser pour l'embarquer.

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