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Le secret de certains crapauds pour survivre en milieu hostile

Après 25 ans de recherches, des chercheurs du CNRS ont pu déterminer que ces batraciens activent un mode de vie particulier, notamment quand leur espace de vie est envahi par l'être humain.

Article rédigé par France Info - Anne Le Gall
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Un crapaud à ventre jaune. (ARTERRA / UNIVERSAL IMAGES GROUP EDITORIAL via GETTYIMAGES)

L'homme occupe 95% de la surface de la terre, ce qui pèse très souvent sur la survie de la faune notamment sur les amphibiens et les crapauds. Pour savoir comment ces animaux s’adaptent, 60 scientifiques ont suivi pendant 25 ans, en Europe, 21 000 crapauds à ventres jaunes, des batraciens de 5 cm qui vivent dans les mares ou les flaques d'eau en forêt.

Si les chercheurs ont choisi cette espèce, c'est parce que ces crapauds possèdent des taches noires uniques et personnelles sur leur ventre jaune : il est donc plus facile de les suivre. Conclusion de ces travaux coordonnés par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) : pour sauver leur espèce, ces crapauds accélèrent leur cycle de vie.

"Le recrutement compensatoire"

Ce crapaud grandit et vieillit ainsi plus vite en milieu hostile. Dans les zones colonisées par l’homme, ce crapaud à ventre jaune vit sept ans en moyenne au lieu de 12. Il se reproduit aussi plus tôt et de façon plus importante. Il vit donc moins longtemps, mais veut s'assurer d'une descendance suffisante. Ce phénomène qu’on appelle "le recrutement compensatoire" est 93% plus élevé dans les zones habitées par l’homme, que dans les habitats naturels. C'est un phénomène très rare dans la nature, et c’est la première fois qu’il est rapporté chez une espèce animale en réponse à la présence humaine.

C’est une stratégie efficace car elle permet effectivement aux populations de crapauds de se maintenir. Le taux d'acroissement des populations est le même dans les zones modifiées par l'homme qu’en milieu naturel. Mais cette stratégie de vie et de reproduction accélérée a un prix. Elle fait dépenser beaucoup d’énergie et cela fragilise l'espèce face à la chaleur ou certaines maladies.

Dans un contexte de réchauffement climatique, pas sûr donc que cette stratégie puisse fonctionner sur le long terme. D'où l'importance de poursuivre les politiques de sauvegarde, indiquent les chercheurs car de façon générale, qu’il y ait presence de l'homme ou pas. 45% des populations de crapauds observés sont aujourd'hui en déclin dans toute l’Europe.

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