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Le blob arrive au parc zoologique de Paris

Un nouveau pensionnaire arrive cette semaine au parc zoologique de Paris. Ce sera même le seul zoo au monde à exposer cet être parce que ce n’est ni un animal, ni un végétal, ni un champignon, il s'agit d'un blob.

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La chercheuse française Audrey Dussutour tient un blob.
La chercheuse française Audrey Dussutour tient un blob. (ERIC CABANIS / AFP)

Le blob qui sera exposé au grand public à partir de samedi au parc zoologique de Paris n'a pas forcément de rapport avec le film d’horreur des années 80, remake d'un film des années 50 où un être visqueux venus de l’espace engloutit des gens. 

Non, le blob s'appelle en fait physarum polycephalum de son vrai nom scientifique. Il ressemble à une moisissure jaunâtre ou à des oeufs brouillés. Il mesure quelques centimètres, exposé sur une branche d'arbres derrière la vitre d'un vivarium. 

Une seule cellule capable de nombreuses prouesses

Exposer un blob est un pari risqué parce que ce n’est pas très passionnant à regarder, juste comme ça dans la pénombre. Mais c’est pour ça que le zoo a mis beaucoup de vidéos où l’on voit le blob avancer, se nourrir et se transformer. En fait, il va plutôt vite, 4 centimètres par heure. Cet être fait déjà la joie des classes de sciences aux Etats-Unis où l'on a arrêté de disséquer des grenouilles pour donner à manger à ces blobs. Il adore les flocons d’avoine, il déteste le salé, et on peut le faire changer de couleur en lui donnant de la betterave par exemple.

Un comportement et des qualités qui boostent les chercheurs

Le muséum, qui gère le parc zoologique, souhaite avant tout mettre en avant le travail de la formidable Audrey Dussustour, notre blobologue française, chercheuse à l’université Paul Sabatier de Toulouse. Elle vous racontera comment en laissant ses blobs un week-end seuls dans son laboratoire elle les a retrouvé tous pendus au plafond en un seul gros blob. Cet être est fascinant : alors qu’il n’est fait que d’une cellule, il capable de résoudre des labyrinthes, il est quasiment immortel puisqu'on peut le mettre en dormance et le réveiller, il redevient jeune. Il a une énorme utilité dans la nature où il peut atteindre plusieurs kilomètres carrés. C’est un recycleur et nettoyeur de nos sous-bois. Vous imaginez bien qu’avec autant de qualité plusieurs chercheurs veulent savoir s’il ne pourrait pas les aider par exemple à trouver de nouvelles formes d’antibiotiques ou à dépolluer les sols. Un chercheur japonnais a étudié sa capacité à former des réseaux efficaces autant que le réseau ferré japonais. Le blob est super, même si ça reste une moisissure sur une branche dans un vivarium. Certains visiteurs pourraient même repartir avec l'envie d'avoir leur propre blob comme animal de compagnie.

La chercheuse française Audrey Dussutour tient un blob.
La chercheuse française Audrey Dussutour tient un blob. (ERIC CABANIS / AFP)