Il y a cinq millions d’algues terrestres dans…chaque gramme du sol et c'est une bonne nouvelle

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Des chercheurs du CNRS viennent de confirmer l’existence d’un trésor invisible sous nos pieds : des micro-algues terrestres, présentes dans le sol, captent une grande  partie du carbone de l'atmosphère.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Paysage agricole à Trogné (Sarthe). Photo d'illustration. (CHRISTIAN WATIER / MAXPPP)

Dans un gramme de sol, qu’il s’agisse de prairies, de désert, de sous sol forestier ou tropical, on trouve en moyenne cinq millions d’algues microscopiques, indique une étude du CNRS de Toulouse publiée mardi 1er février. Vincent Jassey, le microbiologiste qui a dirigé ces travaux avait déjà repéré ces algues dans des tourbières, qui sont des zones humides bien spécifiques, mais elles sont en fait partout, à des concentrations différentes. Et ces micro-algues aux formes rondes ou géométriques fonctionnent exactement comme des plantes. Par la photosynthèse, elles captent le dioxyde de carbone de l’air et contribuent ainsi à son stockage dans le sols.

3,6 gigatonnes de carbone par an

Ces micro-algues terrestres captent beaucoup de carbone. En fait, plus qu’on ne le pensait, et c’est le gros enseignement de cette étude. Ces chercheurs ont en effet croisé un ensemble de données issues de la littérature sur les algues du sol. Ils ont calculé que ces algues captent environ 3,6 gigatonnes de carbone par an.

C’est énorme, car cela correspond à 30% des émissions de CO2 émis par l’homme. C’est la première fois qu’on obtient ce chiffre. On comprend ainsi que ces micro-algues terrestres jouent un rôle-clé pour le cycle mondial du carbone. Tout comme le font les algues marines dont le fonctionnement est mieux connu. On estime que les algues marines absorbent cinq fois plus de carbone que les forêts… et que 85% du CO2 qui est absorbé par les océans est assimilé par les algues et le plancton.

Cette étude montre l’importance qu’il y a à préserver les sols, avec l’ensemble des micro-organismes qui le composent. Cela montre l’urgence qu’il y a à préserver des prairies, des zones humides, et à encadrer l’artificialisation des sols. Prochaine étape pour ces chercheurs : cartographier ces puits de carbone sur la planète, à commencer par les tourbières, et construire un modèle prédictif sur la capacité de ces algues terrestres à pomper le carbone de l’atmosphère, dans les années à venir.

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