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Covid-19 : pourquoi y a-t-il encore des doutes sur l'aérosolisation du virus ?

Un cluster géant dans une salle de sport de la ville de Québec a contaminé plus de 500 personnes. Aujourd'hui, son patron est accusé par certains de ses clients de ne pas avoir beaucoup respecté les gestes barrières et douté de l'aérosolisation du virus. 

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(VALERIE VREL / MAXPPP)

Douter de la transmission du virus dans l'air, ou aérosolisation, permet à certains de justifier qu'ils ne portent pas de masque, ou que l'on peut aller dans un lieu clos sans risque du moment que l'on se lave les mains. Mais dans les faits, il n'y a plus beaucoup de place pour ces doutes. Direction la ville de Québec, et plus précisément le Mega Fitness Gym, une grande salle de sports avec tapis de courses, séance de body-building et cours de yoga, dans la banlieue de la ville. Aujourd’hui, cette salle détient le triste record de plus gros cluster du Canada puisque seulement trois semaines après avoir rouvert début mars, plus 220 clients s’y sont contaminés, infectant à leur tour 356 autres personnes dans la ville avec le variant anglais. Québec a du se reconfiner brutalement fin mars fermant ainsi restaurants, salle de sports et ses écoles, renvoyant les enfants à la maison.

Même s'il n'y a pas que ce cluster qui est en cause dans ce reconfinement, l'enquête des autorités a montré que plusieurs règles sanitaires ont été enfreintes : pas de distance de plus de deux mètres entre les sportifs, pas de masque et des employés venus travailler malgré des symptômes similaires au Covid-19.

Aujourd’hui, c’est surtout le patron de ce club qui est visé par l’enquête et les plaintes de nombreux clients. Il faut dire qu’il était connu comme un farouche opposant au confinement. Il avait même bravé la règlementation en juin dernier en ouvrant sa salle de sport. Il était ainsi devenu une figure de la défense de sa profession comme une activité essentielle. Mais selon les témoignages de certains de ses clients, il portait souvent son masque sous le menton, se moquait de ceux qui le mettaient en exercice et il doutait aussi sur les réseaux sociaux des risques du Covid-19, en particulier de l’aérosolisation du virus.  Un réflexe assez compréhensible quand les faits vous empêchent de pratiquer votre activité préférée ou de gagner sa vie : il est plus confortable d'en douter.

La ventilation pas assez prise en compte

Quels moyens restent-ils pour lutter contre ce mode de transmission par aérosolisation ? Il faut dire que dans beaucoup de pays, les autorités ont insisté au début sur le risque de transmission par les mains. Malgré de nombreuses études de cas comme celle de la transmission du virus par la ventilation dans un bus ou dans un restaurant en Chine dès le printemps dernier, il a fallu du temps pour que l’OMS ne reconnaisse aussi ce risque par rapport à celui des surfaces contaminées. Si bien qu’aujourd’hui, beaucoup de gens vous disent : moi, l’aérosolisation du virus, je n'y crois pas trop, y compris en France mais aussi aux États-Unis ou au Canada.

Plusieurs chercheurs s'inquiètent aujourd'hui dans la revue Nature, des moyens dédiés à la lutte contre ce mode de transmission. En effet, il y a eu beaucoup d’investissements dans la désinfection des surfaces (le métro new yorkais va par exemple dépenser 380 millions de dollars pour nettoyer ses rames pour trois ans), que reste-t-il du coup pour les ventilations performantes, les masques filtrants, les capteurs de CO2 pour savoir quand aérer les pièces ?

Ces chercheurs ne disent pas non plus qu’il ne faut pas faire attention à ce que l’on touche mais selon eux, il faut faire plus pour ventiler le virus alors que le doute trouve un terreau fertile chez tous ceux qui souffrent des fermetures des restaurants, des salles de sports, de cinéma, de théatre, des musées, etc. Surtout avec l’apparition des variants.

(VALERIE VREL / MAXPPP)