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Bientôt des trains à hydrogène à la place des vieux trains diesel ?

Le ministre délégué aux Transports assiste lundi à une démonstration du train à hydrogène d'Alstom, à Valenciennes. Il circule déjà depuis 2018 en Allemagne.

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Le train à hydrogène construit par Alstom à Bremervoerde (Allemagne), le 16 septembre 2018. 
Le train à hydrogène construit par Alstom à Bremervoerde (Allemagne), le 16 septembre 2018.  (PHILIPP SCHULZE / DPA)
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Il devrait bientôt remplacer de vieux trains diesel dans quatre régions françaises : en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bourgogne-Franche-Comté, dans le Grand Est et en Occitanie. Le train à hydrogène d'Alstom est testé lundi 6 septembre à Valenciennes. Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, assistera à la démonstration. Il s’agit d’un train "propre" qui ne rejette que de l’eau, déjà sur les rails en Allemagne depuis 2018. Sur le papier, le moyen de transport rêvé. D’autant que la SNCF a promis de se débarrasser d’ici 2035 du millier de trains diesel encore en circulation. Pour remplacer le diesel, l'hydrogène apparaît à première vue comme miraculeux.

Car il faut imaginer que grâce à une pile à combustible, installée sur le toit du train, l'hydrogène se combine chimiquement à l’oxygène de l’air, ce qui permet de produire de l'électricité, tout en ne rejetant que de la vapeur d’eau. On obtient donc des trains zéro émission de carbone, capables de rouler 600 km en toute autonomie, sans avoir besoin de faire des travaux pour électrifier les lignes. C’est un peu le graal. D’autant que l'hydrogène a déjà fait ses preuves pour faire avancer des camions, des bus ou encore des flottes de taxis. Airbus parle même d’un avion à hydrogène pour 2035.

Un mode de production plus ou moins polluant

L'hydrogène semble donc idéal pour développer des modes de transport sans pollution. Le problème, c’est que la production de cette molécule peut être plus ou moins polluante. Sur terre, l'hydrogène pur est très peu abondant. Il n'existe qu'à l'état de traces dans l’atmosphère. Il faut donc récupérer des atomes d'hydrogène. Pour cela, il faut casser d’autres molécules qui en contiennent, soit des molécules d’eau, soit des molécules de gaz, de pétrole ou de charbon. Selon la méthode utilisée, on fabrique un kilo d'hydrogène dont le bilan carbone varie de 1 à 10.

Aujourd'hui, l'hydrogène utilisé par l'industrie en France est produit à 95% à partir d'énergie fossiles, entraînant l'émission de 8,7 millions de tonnes de CO2 par an, selon les chiffres de l’Ademe, l’agence de la transition écologique. L'idéal, pour obtenir des trains ou des voitures à hydrogène vraiment propres, serait donc d’utiliser davantage d’hydrogène "vert", c'est à dire fabriqué à partir de molécules d’eau qu’on casse par électrolyse avec de l'électricité renouvelable, d’origine solaire ou éolienne par exemple. C’est tout à fait possible mais pour l’instant c’est un procédé qui coûte plus cher. Pour faire baisser les tarifs, il va falloir investir davantage dans ce mode de production. Mais selon certains économistes, le coût de la production de l'hydrogène vert devrait baisser de 85% d’ici à 2050.

Le train à hydrogène construit par Alstom à Bremervoerde (Allemagne), le 16 septembre 2018. 
Le train à hydrogène construit par Alstom à Bremervoerde (Allemagne), le 16 septembre 2018.  (PHILIPP SCHULZE / DPA)