Des plantes ont poussé dans la poussière lunaire

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C’est la première fois qu’un test est vraiment réalisé dans du régolithe lunaire : des échantillons ramenés lors des missions Apollo. Les chercheurs ont planté du cresson. Et ça marche. Même si ça pousse un peu plus lentement que dans la cendre volcanique.

Article rédigé par
Mathilde Fontez - franceinfo
Radio France
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Sol lunaire avec la Terre à distance. Des chercheurs ont fait pousser du cresson dans des échantillons de sol lunaire ramenés par les missions Apollo. (Illustration création) (PHOTOVIDEOSTOCK / E+ / GETTY IMAGES)

Mathilde Fontez, rédactrice en chef du magazine scientifique Epsiloon s'intéresse aujourd'hui aux agences spatiales qui préparent le retour de l’homme sur la Lune. L’objectif de la NASA , c’est 2025, c’est demain. On a fait pousser des plantes dans du sol lunaire.

franceinfo : Des chercheurs viennent pour la première fois de tester si des plantes peuvent pousser dans le régolithe, la poussière lunaire ? 

Mathilde Fontez : Oui, ça n’avait jamais été fait. On avait déjà saupoudré des plantes avec de la poussière lunaire, pour voir comment elles réagissent. Mais on n’avait jamais planté des graines directement dans le régolithe.

Il faut dire que sur Terre, on n’a pas beaucoup d’échantillons pour faire des expériences. Les seuls dont on dispose, ce sont ceux ramenés par les astronautes des missions Apollo – 380 kilos en tout – plus 2 kilos qui ont été ramenés par une mission chinoise en 2020.

Les chercheurs qui ont mené l’étude à l’université de Floride ont mis 10 ans à obtenir des échantillons de régolithe. La NASA n’en a prêté que 12 grammes, quelques cuillères à café, dans lesquelles ils ont enfin pu planter des graines.  

Et ça a poussé ?  

Ça a poussé oui ! Les chercheurs ont choisi des graines d’Arabette des dames, souvent considérée comme une "mauvaise herbe" poussant au bord des routes. C’est une plante qui est une sorte de cobaye pour les études en biologie, parce qu’elle pousse vite, que son génome est petit – en gros, c’est l’équivalent de la souris pour le végétal.

Les chercheurs ont donc planté leurs arabettes dans des pots de la taille d’un dé à coudre, rempli de terre lunaire. Ils ont arrosé, bien sûr. Et ils ont été surpris de voir que oui : elles parviennent à se développer. En quelques jours, les graines avaient germé. Mais ils ont aussi noté qu’elles n’étaient pas en parfaite santé.

L’environnement lunaire est un peu hostile ?  

Ça parait un peu évident mais là, c’est prouvé. Les plantes poussent moins bien que dans les cendres volcaniques – c’est la comparaison que les chercheurs ont choisie pour leur étude. Elles se développent moins, elles poussent plus lentement, leurs racines sont atrophiées, certaines ont même développé des taches noires.

Et les analyses moléculaires que les chercheurs ont menées confirme le stress subi par les arabettes. Ça se voit dans l’expression de leurs gènes : comme les plantes qui, sur Terre, poussent dans le sel ou dans des terres très riches en métaux – on dit qu’elles sont soumises à un stress ionique.

En particulier, dans l’un des trois échantillons de régolithes que les chercheurs ont testés : celui qui a été ramené par la mission Apollo 11 et qui a été collecté en surface. Les plantes ont mieux poussé dans les échantillons d’Apollo 12 et 17, qui ont été collectés un peu plus profondément sur la Lune, en creusant.  

Alors, on va pouvoir cultiver sur la Lune ?

La conclusion de l’étude, c’est oui. Mais en privilégiant les zones les plus jeunes de la surface de la Lune, les moins exposées aux rayonnements de l’espace et au vent solaire. Et il ne faut pas se faire d’illusion, même là, les rendements risquent de ne pas être terribles.

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