La semaine des médias, France info

La semaine des médias. Nouvel attentat près des anciens locaux de Charlie Hebdo

Deux employés de la société de production Premières Lignes, située dans la même rue que les anciens locaux de Charlie Hebdo, ont été grièvement blessés

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Des policiers patrouillent dans le 11e arrondissement de Paris, après l\'attaque au couteau devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, vendredi 25 septembre 2020.
Des policiers patrouillent dans le 11e arrondissement de Paris, après l'attaque au couteau devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, vendredi 25 septembre 2020. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

franceinfo : Vendredi, un attentat a touché une nouvelle fois les médias. Cette fois-ci, c’est la société de production Premières Lignes située dans la même rue que les anciens locaux de Charlie Hebdo.

Deux salariés de Premières Lignes ont été attaqué à l’arme blanche, cinq ans après le massacre de Charlie Hebdo ; ça fait froid dans le dos. La société de production créée par Paul Moreira est celle qui produit Cash Investigation sur France 2 et de nombreux autres sujets d’enquête. Récemment, elle a produit "Big Pharma", dont la diffusion sur Arte a fait beaucoup de bruit.    

Tout autre chose, il y a un nouveau patron à la tête du Parisien.

Jean-Michel Salvator, l’ex numéro deux de la rédaction du Figaro et ex patron de BFM Business, devient directeur des rédactions du Parisien-Aujourd’hui en France. Il succède à Stéphane Albouy qui a dirigé le titre pendant 10 ans. Le Parisien, racheté par LVMH fin 2015, est un cas d’école. Salué par une grande partie de la profession pour sa qualité, sa capacité à trouver des angles et monter des événements, il est paradoxalement victime de son succès.  

C’est-à-dire ?

Ses Unes sont tellement bien faites, qu’elle sont reprises quasiment tous les jours par les matinales radios, les JT télévisés et même les rédactions de presse. Et le plus souvent sans citer le Parisien, qui en est pourtant la source. Du coup, le journal a bien du mal à vendre ses informations qui sont très vite reprises par tous les autres médias. C’est un grave handicap quand l’avenir de la presse repose sur les abonnements numériques payants. Ainsi, quand le Monde affiche un peu moins de 300 000 abonnés numériques payant, le Figaro en totalise près de 200 000, mais le Parisien plafonne à 40 000. Et le journal vient d’annoncer un plan d’économie de 10 millions d’euros avec à la clé l’arrêt des pages locales et le départ de 30 à 40 journalistes.

Le même LVMH a décidé de prêter mains forte à Arnaud Lagardère

C’est le feuilleton de l’année. Arnaud Lagardère assailli par Vivendi et Amber, qui détiennent 44 % du capital, a trouvé un allié de poids. Bernard Arnault, patron de LVMH. Ce dernier vient d’annoncer qu’il prend 27 % du capital de la holding personnelle de Arnaud Lagardère et en plus qu’il achète 5 % du capital du groupe Lagardère. Il a déjà dépensé près de 200 millions d’euros pour ces deux opérations et il ne fait pas mystère de sa volonté de monter encore au capital de Lagardère.  

Quel est l’équilibre des forces ?

Il bouge tout le temps. Mais cette semaine, le Qatar allié historique d’Arnaud Lagardère a décidé de se ranger du côté du tandem Vivendi-Amber. A eux trois, ils détiennent 60 % du capital. En face le duo Bernard Arnault et Arnaud Lagardère détiennent seulement 13 % des titres. Ce rapport de force sera déterminant lors de la prochaine Assemblée Générale du groupe Lagardère. Qui gagnera ? Nul ne le sait.  

Pourquoi Bernard Arnault se lance dans la bataille ?

Tous ces géants des médias se battent pour définir l’avenir des activités du groupe Lagardère. Lagardère Travel services, co leader mondial des boutiques d’aéroport, Hachette livre, numéro trois mondial de l’édition et quelques médias dont Paris Match, le JDD et Europe 1. Deux ans avant les élections présidentielles, il se murmure que l’Elysée verrait d’un mauvais œil que Paris Match et Europe 1 tombent entre les mains de Vincent Bolloré. Ce dernier rêve de rapprocher Europe 1 de sa chaîne d’info Cnews, qui fait un carton d’audience avec sa ligne très à droite.  

Dans les médias, on a assisté à un mercato d’automne inédit.

Tout est parti de TF1 qui a créé la surprise en organisant la succession de Jean-Pierre Pernaut à la tête du JT de 13 heures. Ce véritable monument du PAF sera remplacé par Marie Sophie Laccarau qui présentait le JT de 13 H sur France 2. C’est bien joué. Le départ de JPP pouvait fragiliser le JT de 13H, véritable pilier de TF1 avec 40 % de part d’audience et, du même coup, profiter à France 2. En bon tacticien, TF1 a donc décidé de déstabiliser la concurrence en lui prenant son atout. Piqué au vif, France 2 a annoncé la nomination de Julian Bugier à la tête de son JT de 13H. La bataille des JT va être très suivies. 

Le monde des médias est très énervé par un projet de loi anti pub.

Oui les médias sont furieux contre le projet de loi de la ministre de la transition écologique Barbara Pompili. Cette dernière propose de supprimer de nombreuses publicité pour les produits alimentaires et pour les voitures à moteurs thermiques. Or, ce sont de très gros annonceurs pour les médias radio et télé. C’est pas très malin au moment où ces médias ont été très touchés par la crise du covid. Mais taper sur la pub est toujours très bien vu par les politiques.                  

Des policiers patrouillent dans le 11e arrondissement de Paris, après l\'attaque au couteau devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, vendredi 25 septembre 2020.
Des policiers patrouillent dans le 11e arrondissement de Paris, après l'attaque au couteau devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, vendredi 25 septembre 2020. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)