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Villepin candidat : surprise et inquiétude à l’UMP

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Le 14ème candidat à la présidentielle s'est déclaré hier soir. Et c'est une surprise car plus personne ou presque ne croyait en lui. Dominique de Villepin se lance donc dans la course à l'Elysée. Cela n'arrange pas les affaires de l'UMP.
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Radio France
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L'ancien Premier ministre, c'est une habitude chez lui, a pris des accents gaulliens pour justifier sa candidature. La France qui souffre, la France humiliée, la défense d'une certaine idée de la France, 2012 le rendez-vous de la vérité. Cet homme, qui revendique sa liberté, a donc décidé de se frotter, pour la première fois, au suffrage universel. Et Dominique de Villepin de dénoncer la "République des partis" , argument très gaulliste. L'union nationale, l'union de toutes les forces, voilà son crédo : "ce que je veux c’est rassembler tous les français, ceux de gauche, ceux de droite, ceux du centre et c’est l’idéal qui est le mien… de gaulliste".  

Candidature surprise

Même Nicolas Sarkozy ne s'y attendait pas selon un responsable de la majorité. Les deux hommes se sont rencontrés en octobre dernier. Après 6 ans de tumulte, leurs relations seraient désormais cordiales. A écouter Dominique de Villepin, on peut encore en douter : "on peut très bien poursuivre avec le même comme on le fait depuis maintenant presque cinq ans pour encore cinq ans ; dix ans c’est long".
A l'UMP, nombreux sont ceux qui pensent que Villepin renoncera à quelques semaines du premier tour pour rallier au final le candidat Sarkozy, ce que dément déjà son entourage.

Obstacles en perspective

D'abord, les parrainages. 500 sont nécessaires. Quelques dizaines pour l'instant et il redoute des pressions sur les maires. "On fera appel à la presse si ça se passe comme ça" , menace un de ses amis.

Ensuite, l'argent. Une campagne ça coute cher. "Les moyens suffisants, les Français me les donneront" a-t-il dit hier soir comme un appel aux dons.

Enfin, les troupes. Une poignée de parlementaires et 20.000 adhérents et sympathisants de son mouvement, République Solidaire, chiffre fourni par le parti, donc invérifiable. Sans oublier quelques affaires judiciaires dans lesquelles son nom est cité.

L’UMP inquiète

Les candidatures se multiplient à droite et au centre, Nicolas Sarkozy n'est plus seul. Le chef de l'Etat avait réussi à écarter le candidat le plus dangereux potentiellement, Jean-Louis Borloo, mais n'a pas convaincu Boutin, Morin, Dupont-Aignan et maintenant Villepin. Ces quatre-là, dans les sondages d'aujourd'hui, représentent un peu plus de 5% des voix. Et on met de côté le score de François Bayrou.
Même si Villepin ne pèse que 1% dans les enquêtes actuelles, les troupes sarkozystes estiment probablement que sa parole peut avoir un écho certain dans la campagne. Bref, il peut incarner une alternative crédible à droite.
Du coup la charge n'a pas tardé. Villepin un homme seul, sans argent, Villepin dans la peau de Chevènement, et en plus le spectre du FN au second tour. La députée UMP Valérie Rosso-Debord est l'une des responsables du parti majoritaire : "à partir du moment ou les candidatures se multiplient, on peut considérer qu’il peut y a avoir à un moment un risque de 21 avril à l’envers ; il faut appeler chacun aux responsabilités".

Dominique de Villepin occupe le terrain politique et médiatique, ce qui permet de faire décoller une candidature dans les meilleures conditions. Après TF1 hier soir, il sera face à la presse demain matin.

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