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Sarkozy le retour : on fait tout comme avant

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Nicolas Sarkozy sur TF1 mercredi soir a fait un pas de plus vers son retour à l'UMP. Et a ouvert les hostilités avec les juges et le gouvernement.
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Radio France
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Çay est, c’est chose faite, il est de retour, il l’a dit - "la question de savoir si on renonce ne se pose pas ". Mais était-il vraiment parti ?  Sarkozy sur TF1, et Europe 1, a fait du Sarko. C’est l’éternel retour de Rocky Balboa, qui remonte inlassablement sur le ring, avec une mécanique de com rodée qui tourne à plein régime : l’interview dans le 20h, avec son teasing dans la journée pour faire monter la pression, le bain de foule dans la foulée, à savoir la séquence avec micros et caméras devant le restaurant en soirée. Et le tour est joué.

Sans oublier le correctif d’image, et son message à peine subliminal : finie la petite barbe de trois jours, il s’est rasé de près, ça veut donc dire "quelque chose", comme il l’a récemment laissé entendre. Il s’attendait même à une question barbante qui n’est pas venue, lui qui avait prévu la réponse suivante : "quand on s’invite chez les gens par la télévision, on se rase. Et on porte une cravate".

Sa charge contre les juges n’est pas nouvelle

Mais l’essentiel est ailleurs : l’ex-président a distribué les coups sur le ring, comme toujours, contre la justice, les deux dames magistrates, contre le gouvernement, pas de quartier. Ses arguments étaient prévisibles : tout le monde veut l’humilier, il n’a rien à se reprocher. C’est parole contre parole, tant que les enquêtes n’auront pas abouti. Mais il élude Bygmalion, dont l’onde de choc est attendue avec terreur à l’UMP. 

Elle date d’il y a dix ans ! L’affaire Crémel, le tribunal des enfants de Bobigny, les petits pois, le mur des cons : Nicolas Sarkozy n’est-il pas en train de payer sa diatribe anti-juges ? Dire cela revient à valider l’hypothèse d’une justice partisane. Les proches de Nicolas Sarkozy contestent sa garde à vue : "La justice et nos institutions sont devenues folles. A force de désacraliser le pouvoir politique, on va droit à la catastrophe", argumente Henri Guaino. Ce climat de tension ne va pas s’apaiser si Nicolas Sarkozy s’empare de l’UMP.

Un retour attendu  ?

Chez les militants, oui, vous allez les entendre dans un instant, la victimisation fonctionne à pleins tubes. Mais pas vraiment chez les élus et les responsables du parti, qui lui reprochent de prendre l’UMP pour un exutoire, une parade à ses ennuis judiciaires. L’un d’eux s’inquiète : "il veut revenir dans les pires conditions, ça impacte tout le monde. Il porte le désordre avec lui. En lui-même. Il n’est pas une solution, il est un problème. La grande difficulté pour lui sera de démontrer qu’il pourra être aussi un recours".

Un ami fidèle résume l’équation : s’il ne revient pas là, c’est qu’il abandonne la vie politique. Nicolas Sarkozy n’a pas changé, il ne changera jamais. La droite redoute désormais un feuilleton politico-judiciaire permanent. Aux antipodes des vraies préoccupations des Français.

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