L'interview politique, France info

Primaires UMP : pour voter, il faut payer

Des primaires ouvertes... à ceux qui voudront bien payer pour voter : C'est l'option vers laquelle s'achemine l'UMP pour désigner certains candidats aux élections municipales de l'an prochain, à Paris mais aussi dans d'autres villes. Le parti ne souhaite pas financer lui-même ces opérations électorales, car le niveau de ses caisses est inquiétant.

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L'heure est à la révolution à l'UMP, le grand soir. Du moins pour ce qui est des nouvelles technologies. Là, le parti de la rue de Vaugirard entre de plain pied dans le XXIème siècle en basculant de plus en plus franchement dans l'ère - présumée radieuse - du vote électronique. Après avoir longuement discuté pour savoir s'il fallait ou pas organiser des primaires pour désigner le candidat à la mairie de Paris et par la suite dans d'autres villes, comme Lyon par exemple, l'UMP a choisi : ça sera oui. Les militants et sympathisants de droite parisiens pourront donc, avant de se jeter dans le grand bain de la vraie élection, décider qui portera leurs couleurs. Mais pour celà, il faudra mettre la main au porte-feuille, comme l'explique le sénateur de Paris Pierre Charon : "On est pour l'instant à trois euros par personne. Une enveloppe de 300.000 euros qui serait équilibré grâce à ce vote de trois euros par personne. J'ai vu la trésorière de l'UMP, Mme Vautrin, qui n'est pas du tout emballée à l'idée de casser sa cagnotte. Elle a bien raison. C'est à nous de nous organiser sans ça toutes les villes demanderaient la même chose. Donc les primaires autofinancées sont la nouvelle démocratie de l'UMP aujourd'hui ".

Trois euros, coût du vote à la primaire parisienne de l'UMP, à comparer avec celui de la primaire socialiste de 2011, qui était d'un euro. Quant à la primaire de 2006, gagnée par Françoise de Panafieu, elle avait déjà coûté 300 000 euros avec un vote papier mais il n'y avait eu que 15 000 votants.

Réserves à l'UMP parisienne

A défaut d'autres propositions sérieusement étayées et vu la très courte durée de la campagne des primaires - le vote doit avoir lieu mi-mai - il n'y a pas de véritable objection. Ce qui n'empêche pas certains candidats déclarés de se poser des questions : "Vu l'état actuel de l'économie, on ne va pas non plus demander aux Français de payer pour une élection, même si elle est ouverte ", objecte Rachida Dati. "La fracture numérique existe à Paris comme ailleurs. Il y a des gens qui n'ont pas d'ordinateur. La paiement par carte bleue suscite des réserves. Cette question mérite d'être prise en compte ", pointe Jean-François Legaret.

Autre incertitude : pour que les électeurs se manifestent, il faut que l'élection ne soit pas trop jouée d'avance. Sans quoi, ils risquent de ne pas voter, donc de ne pas débourser les trois euros. Et comme l'UMP paiera le prestataire, elle risque d'en être pour ses frais. Malgré ces réserves, la favorite du scrutin, Nathalie Koscuisko-Morizet, maintient le cap, elle qui a toujours plaidé pour des primaires : ça peut éviter les malentendus : "Oui, la démocratie a un petit coût. Mais vous savez, la question du coût, c'est déjà celle qu'on m'opposait l'été dernier quand on recherchait les parrainage pour la présidence de l'UMP. Moi j'aurais voulu qu'on envoie un bulletin de parrainage à tous les adhérents et on disait que ça risquait de coûter environ 100.000 euros. Eh bien je pense qu'on se serait économisé bien des problèmes si on avait accepté de faire cette petite dépense supplémentaire à ce moment-là ".

Economiser entre autre le coût des 200 huissiers qu'a consommé l'élection psychodrame de novembre à l'UMP. Une perspective à méditer pour un parti endetté à hauteur de 55 millions d'euros, qui doit en plus se repayer une nouvelle élection interne en septembre.

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