L'interview politique, France info

Opposants à la réforme du CSM : des "nostalgiques d'une justice aux ordres" pour Urvoas

Le ministre de la Justice a dit sur France Info "ne pas croire pas un instant que la droite puisse à ce point se contredire" en ne votant pas mardi la réforme du Conseil supérieur de la magistrature en rappelant que le texte a déjà été voté par la droite au Sénat, en 2013. Sur la réintroduction de fouilles intégrales en prison, il a indiqué que "c'est une proposition, ce n'est pas une décision".

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Les députés se prononcent mardi à 16 heures sur le projet de réforme constitutionnelle "de bon sens" du Conseil supérieur de la magistrature. La droite a annoncé qu'elle allait voter contre, mais le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas n'est pas convaincu. "Je ne crois pas un instant que la droite puisse à ce point se contredire ", a-t-il affirmé mardi matin sur France Info. "Le texte que je propose cet après-midi n'est pas un texte de compromis. Je propose un texte de consensus puisqu'il a déjà été voté par la droite au Sénat, en 2013. Tous les sénateurs de droite ont voté ce texte. Ce texte a été voté par la droite en 1998. Christian Jacob, qui dit aujourd'hui qu'il va voter contre. Bernard Accoyer, Patrick Devedjian, ils votaient pour ce texte ", a rappelé le garde des Sceaux. 

Dans une interview au Figaro , Christian Jacob, président des députés LR, a déclaré plaider "pour le maintien d'un lien organique entre la Chancellerie et le parquet ". Pour Jean-Jacques Urvoas, celui-ci "veut caporaliser le parquet ". "On est nostalgique d'une justice aux ordres. Cela veut dire que Christian Jacob veut choisir les juges qui plaisent au pouvoir politique. Je ne crois pas que cela soit l'intérêt des justiciables ", a-t-il ajouté. Le ministre de la Justice a insisté sur le fait qu'"une majorité de parlementaires sont soucieux de l'indépendance de la justice. Je ne vois pas pourquoi, au moment où Alain Juppé, dans son ouvrage dit : 'Il faut l'indépendance de la Justice', et au moment où le président de la République nous dit : 'Faites-le', certains reculeraient. Cela voudraient dire qu'ils seraient contre l'indépendance de la Justice ."

Réintroduction de fouilles intégrales : "C'est une proposition, ce n'est pas une décision "

Début avril, un amendement réintroduisant les fouilles intégrales, collectives et aléatoires en prison a été voté par le Sénat au projet de loi sur la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. "Les fouilles à nu n'ont jamais été interdites c'est dans la loi. Simplement je propose, c'est une proposition, ce n'est pas une décision, que nous puissions renforcer la protection des personnels qui sont en détention, en réduisant le risque de faire pénétrer dans les établissements des éléments qui n'ont rien à y faire ", a indiqué Jean-Jacques Urvoas. Le texte doit être examiné le 11 mai en commission mixte paritaire. 

"Les fouilles que je propose de modifier étaient permises, autorisées, individualisées, et donc mal utilisées. Je propose que demain, il puisse y avoir des lieux. A l'extérieur de la détention, les familles les plus fragiles subissent des pressions. Des familles refusent d'aller dans les parloirs parce qu'elles craignent la pression qui est mise sur elles ", expliqué le garde des Sceaux. "Il y a eu l'année dernière en prison 4.000 agressions sur des surveillants, il y a eu l'année dernière en prison 30.000 téléphones portables qui ont été saisis, il y a eu l'année dernière en prison 1.400 armes qui ont été saisies ", a rappelé Jean-Jacques Urvoas.

PNIJ : "L'outil est efficace mais il a connu des difficultés techniques"

La Cour des comptes reproche à l'Etat la gestion, le peu de résultats et le coût très élevé des écoutes judiciaires. Plus d'un milliard d'euros ces dix dernières années. Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice, a reconnu mardi sur France Info que la plateforme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ) a "des défaillances ". "L'outil est efficace, oui l'outil a besoin d'être déployé sur la totalité du territoire, mais il a connu des difficultés techniques. Il y a des défaillances et c'est la raison pour laquelle le Premier ministre a lancé un audit depuis cette observation de la Cour des comptes ", a expliqué le garde des Sceaux. La plateforme "ne couvre pas la totalité du territoire. Seul, un tiers pour le moment est couvert par la PNIJ ." 

Au départ la PNIJ était géré par des prestataires. "L'Etat verse 55 millions d'euros à des prestataires privés pour pratiquer les interceptions judiciaires ." Mais l'Etat a décidé d'arrêter et de centraliser. "Les enquêteurs qui hier demandaient pendant plus de cinq semaines un renseignement avec les prestataires privés l'ont maintenant en dix minutes ", a expliqué Jean-Jacques Urvoas.

FPÖ en tête de la présidentielle en Autriche : Urvoas redoute "une préfiguration française "

En Autriche, le parti d'extrême droite FPÖ a remporté le premier tour de la présidentielle, qui se déroulait dimanche. "Cela m'a navré ", a réagi le ministre de la Justice. "J'ai craint d'y voir une préfiguration française parce que je crois que c'est un virus qui contamine toute l'Europe ." Pour que l'extrême droite ne soit pas en tête de la présidentielle en France, en 2017, "il faut tenir un langage de vérité pour dire ce contre quoi nous combattons et les moyens que nous utilisons. Dans ce domaine, la Justice est un élément important pour lutter contre le populisme ", a estimé le garde des Sceaux.> Présidentielle 2017/Christian Troadec : "Je ne crois pas un instant qu'il sera vraiment candidat "

Christian Troadec, ancien porte-parole du mouvement des Bonnets rouges et maire divers gauche de Carhaix (Finistère) officialise ce mardi sa candidature "régionaliste" à la présidentielle 2017. "Depuis que je le connais, il est candidat à peu près à toutes les élections. Donc je lui souhaite naturellement bonne chance, mais je ne crois pas un instant qu'il sera vraiment candidat ", a réagi sur France Info, Jean-Jacques Urvoas, ancien député du Finistère.

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