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Nicolas Sarkozy dans le Point : un plaidoyer trop tard ?

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L'ancien président met en garde contre l’absence de leadership en Europe, à trois jours d’un scrutin sous haute tension.
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Radio France
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Il est finalement sorti du bois. La question a pourtant divisé ses amis que l’ancien président a largement consultés ces derniers jours : fallait-il parler avant les élections européennes au risque d’endosser un éventuel échec ? Ou bien fallait-il se taire, et se voir reprocher une absence totale  d’engagement, à un moment où l’idéal européen se voit menacé par la montée des populismes ? Va donc pour cette tribune qui se veut à la fois europhile et critique, dans le magazine Le Point , celui-là même qui a révélé fin mars l’affaire Bygmalion, en chargeant Jean-François Copé.

Il y a d’abord le ton : très présidentiel, au-dessus des partis. L’UMP n’est jamais citée. Nicolas Sarkozy nous livre sa vision d’une Europe qui s’appuierait sur un axe Paris-Berlin renforcé par la création d’une grande zone économique et fiscale franco-allemande au cœur de la zone euro. Et puis, il ne pouvait pas s’en empêcher, il y a l’inévitable tacle à François Hollande, celui qui saute aux yeux quand son successeur dénonce « l’absence de leadership met l’Europe en danger car sans vision, sans cap et sans priorité ». Difficile après cela de douter encore des ambitions de Nicolas Sarkozy pour 2017.

Le Front National également visé

L’ancien président vient sur le terrain de Marine le Pen : « nous ne pouvons plus faire semblant de croire qu’il est encore possible d’accueillir tous ceux qui le souhaitent ». Il cite au passage Lampedusa, là où la présidente du FN s’était rendue il y a deux ans pour y dénoncer « l’Europe passoire ». « On peut être généreux et bouleversé » mais une absence de contrôle migratoire « nous conduit tout droit à la catastrophe », écrit Nicolas Sarkozy, qui veut créer un Schengen2, en durcissant les règles en matière d’immigration. Sans dire comment il faudrait s’y prendre.

Une conception de l’Europe pas si nouvelle

Pas vraiment. Tous les candidats de l’UMP au PS réclament à peu près la même chose, du moins sur le principe : une Europe plus politique, un axe franco-allemand renforcé, un meilleur contrôle migratoire. Nicolas Sarkozy, avant d’être élu en 2007, imaginait un Tony Blair flamboyant en président de l’Union, afin qu’elle soit enfin incarnée au niveau international. Cela a donné trois ans plus tard Herman Van Rumpoy à la tête du Conseil européen, avec la bénédiction du couple Sarkozy-Merkel. Sans commentaire.

Cette tribune aura un impact sur le scrutin dimanche ?

Pas sûr. Ce n’est après tout qu’un texte, un de plus.Certains responsables de l’UMP, comme Jean-Pierre Raffarin, ont affirmé, à tort ou à raison, que la précédente tribune de Nicolas Sarkozy, il y a deux mois dans le Figaro , juste avant le premier tour des municipales, avait mobilisé son électorat. Difficile à vérifier. Et la similitude s’arrête là : Nicolas Sarkozy, le 20 mars dernier, répondait aux attaques dont il faisait l’objet, ce qui avait galvanisé ses supporters. Le contexte aujourd’hui est différent : l’électorat de droite reste très divisé sur le sujet, à un moment où l’UMP est au bord de la guerre civile avec l’affaire Bygmalion. L’ex président nous rejoue l’éternel retour, sollicité par la plupart de ses amis. Mais certains d’entre eux commencent à regretter ce qu’ils assimilent à des signes d’impatience, de fébrilité, et aimeraient que Nicolas Sarkozy entre dans l’arène une bonne fois pour toutes, avant que la maison UMP ne s’effondre.

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