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Municipales : le Parti socialiste redoute l'abstention

La campagne officielle démarre : le PS s'inquiète de la possible désaffection de son électorat.

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C'est la grande peur qui
agite la rue de Solferino à deux semaines du 1er tour : que les électeurs
de gauche préfèrent rester chez eux le 23 mars, plutôt que d'aller voter pour
leurs candidats. Harlem Désir serait " très pessimiste " aux dires d'un
membre de la direction du PS, et redouterait une belle rouste à ces
municipales. En cas de défaite, le Premier secrétaire serait tenu pour
responsable, lui qui doit défendre dans la foulée la tête de liste aux
européennes en Île-de-France.

Autant dire que les ennuis
qui sont tombés en escadrille sur Nicolas Sarkozy et sur Jean-François Copé ces
dix derniers jours étaient les bienvenus à gauche. Fait unique depuis le
début de l'année, François Hollande, pris pour cible tous les jours dans les
médias, a pu souffler un peu, pour se consacrer au dossier ukrainien. Le
président a laissé la vedette à son prédécesseur, qui a encaissé coup sur coup
les enregistrements de Patrick Buisson, et les écoutes des juges. "Nous
commençons à entendre parler de tout ce foutoir sur le terrain"
, constate
un responsable socialiste, qui met toutefois en garde : "Attention à
ne pas trop en faire, et à ne pas trop exploiter cet épisode".
Il
suffirait d'un rien pour que ces révélations tournent au complot contre Nicolas
Sarkozy, qui apparaîtrait du coup comme un martyre aux yeux de l'opinion.

A quoi va se juger la victoire ou la défaite aux
municipales ?

A la différence entre UMP et PS
du gain de villes moyennes et importantes : un 70 à 10 pour la droite et
le centre serait vécu comme une défaite à gauche. " Mais si nous gardons
Paris, Lyon et Toulouse, et que nous remportons Marseille ; le débat sera
clos ", explique Christophe Borgel. Pour le Monsieur élections du PS, le
scrutin n'est pas plié d'avance, une partie des électeurs se décideront le jour
du vote. Sans parler de la grande inconnue de ce scrutin, le nombre record de
listes déposé par le Front National : près de 600, dont 400 dans les villes de
plus de dix mille habitants. La direction de l'UMP a dû se rengorger : le
FN est en mesure de jouer les arbitres au deuxième tour, voire de l'emporter
dans des villes comme Fréjus. Une seule suffirait au bonheur de Marine le Pen,
qui affichera quoiqu'il advienne au soir du deuxième tour le nombre d'élus
frontistes présents dans les conseils municipaux de toute la France.

La montée en force du FN menace la droite comme la
gauche ?

Mais elle arrange plutôt le
PS, même si la direction du parti s'en défend. Le vote va se jouer parfois à
deux ou trois points entre UMP et FN, avec une grande porosité entre les
électorats, constatée par tous les instituts de sondages. Ce qui permettra par
endroits au Parti Socialiste de l'emporter.

Reste la menace des abstentionnistes
: ils seront difficiles à convaincre. Le PS qui répugne à mener une campagne
nationale n'a pas encore trouvé les mots pour convaincre.  

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