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Mariage pour tous : un si long débat

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Le débat ne fait que commencer autour du mariage et de l'adoption homosexuelle. Il a lieu dans la presse ou dans la rue depuis plusieurs mois, mais le Parlement, lui, ne va commencer à en discuter en séance que mardi. Et les choses pourraient durer encore longtemps.
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Radio France
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Le gouvernement n'a pas voulu utiliser les court-circuits légaux pour le racourcir, alors ce débat promet d'être un long fleuve pas très tranquille.

Cette semaine, c'est le débat en séance qui va commencer à l'Assemblée. Le Sénat devrait se saisir à son tour du texte en mars. Après la navette parlementaire, le rapporteur du texte, le député socialiste Erwann Binet compte sur une adoption définitive avant l'été.

C'est long mais pour lui le jeu en vaut la chandelle : "Ce combat est dur sur le moment, mais après ça, il y aura banalisation totale du sujet. Les couples homosexuels se marieront. Et ce sera le meilleur moyen de lutter contre une homophobie qui s'est quand même révélée dans ce débat ".

Depuis que l'Assemblée nationale est l'Assemblée nationale, les députés disposent d'un ralentisseur classique : l'amendement. Les députés de l'opposition en ont déposé environ 5.300. Le président de la commission des lois, le socialiste Jean-jacques Urvoas, les regroupe en catégories : "Une grande partie porte sur le statut que l'UMP souhaite pour les homosexuels : union civile ou alliance civile. Il y a d'autres amendements pour restreindre les possibilités d'adoption,  d'autres pour dispenser les maires d'appliquer la loi, au delà du fait qu'il y a beaucoup d'amendements pour supprimer purement et simplement le projet tel qu'il est écrit ".

Amendements à gauche

Le Front de gauche a également déposé des amendements. Il souhaite notamment réintroduire la PMA dans le texte. Pour Jean-Luc Mélenchon, le co-président du parti de gauche, la durée du débat n'est pas un problème, au contraire : "Il ne faut pas aller trop vite. Il y a encore un très grand nombre de gens qui sont perplexes. Il ne faut pas avoir peur des débats ."

Les socialistes ont bon espoir de raccourcir la durée de cette bataille. Il est vrai qu'ils sont passés maîtres dans l'art de l'obstruction parlementaire avec le record de 136.000 amendements en 2006 lors de la privatisation partielle d'EDF/GDF. Il n'empêche, l'UMP Hervé Mariton reconnaît que le débat commence à s'étaler : "Est-ce qu'il n'y a pas d'autres sujets importants pour notre pays. Donc, oui, il y a une lassitude. Mais je pense que les responsables et les premiers sanctionnés par cette lassitude, ce seraient le gouvernement et sa majorité ."

Pour l'ancienne ministre UMP Roselyne Bachelot, qui milite pour le texte, ce débat, c'est beaucoup de bruit pour rien : "Ce sont des combats qui se termineront comme s'est terminé le combat pour le PACS. Dans quelques années, ceux qui sont contre assisteront au mariage de leurs enfants homosexuels. Et ils se diront : "Mais qu'est-ce que je faisait dans cette manifestation ?" ".

Et il avait tout de même fallu un an, en 1999, pour que le PACS soit définitivement adopté.

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