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Lienemann pensait que Hollande "avait plus de sens politique"

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Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris et qui vient de sortir le livre "Merci pour ce changement", a expliqué vendredi sur France Info que François Hollande "l''a déçue très vite". Face à la mobilisation contre la loi Travail, elle donne un conseil au gouvernement : "Une fois qu'on s'est engagé dans le mauvais rail, il vaut mieux s'arrêter vite, que de laisser dégénérer".
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Radio France
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Invitée de France Info, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris, publie aux éditions du Moment Merci pour ce changement ! . Un livre qu'elle a envoyé à François Hollande. "Il m'a déçue très vite. Je n'étais pas une enthousiaste de François Hollande dès le début. Au moment du Bourget, je me suis dit 'Il a compris '". Mais aujourd'hui "où est le pied d'appel pour que la France soit capable de retrouver son identité républicaine et en même temps d'affronter les mutations nécessaires ", a constaté Marie-Noëlle Lienemann. François Hollande n'était pas "hyper gauche, mais c'était un bon pied d'appel pour un nouveau chemin. Mais très vite, les signes ont été très négatifs et chaque fois qu'il aurait eu l'occasion de réorienter, il ne l'a pas fait ". "Je pensais qu'il [François Hollande-NDLR] avait plus de sens politique qu'il ne l'a manifesté ", a ajouté Marie-Noëlle Lienemann. 

La sénatrice PS de Paris ne souhaite pas que François Hollande se représente en 2017. "Je pense que le chemin choisit n'est pas le bon et que le discrédit est très réel. On me dit souvent que mon livre est très critique. Moi, je dis que c'est un livre de lanceur d'alerte. On est en train d'aller dans le mur pour le pays et pour la gauche ." Si elle ne croit plus en François Hollande, Marie-Noëlle Lienemann a reconnu qu'il "n'y a pas d'homme ou de femme providentiel(le) aujourd'hui en France. On est en train de changer d'époque. On est à la fin du cycle libéral, on est à la fin de l'hyper présidentialisation. Donc, il y a le choix, soit les populistes, soit la voie socialiste à la française ."

Loi Travail : "La meilleure idée, c'est de supprimer cette loi "

Au lendemain d'une nouvelle journée de mobilisation, Marie-Noëlle Lienemann a estimé qu'il y a "une vraie progression " dans les manifestations contre la loi Travail. "Il y a un profond mécontentement, un refus réel de cette loi et en même temps le risque d'une certaine résignation du monde du travail qui se sent de moins en moins entendu et respecter ", a estimé Marie-Noëlle Lienemann. Deux nouvelles journées de manifestation sont prévues les 5 et 9 avril. Que doit-faire François Hollande ? "Il y a des moments, il vaut mieux aller vite. Ce n'est pas la peine de laisser se dégrader " les choses.

Pour la sénatrice PS, "la meilleure idée, c'est de supprimer cette loi et de reprendre les seules parties intéressantes à améliorer qui sécurisent l'emploi. Ce n'est pas la peine de rediscuter d'une logique, d'un texte qui est dans la logique. Ce dont la France a besoin, c'est de voir comment on garantit une sécurisation dans les parcours professionnels ". Marie-Noëlle Lienemann et les frondeurs, l'aile gauche du PS, ont fait des contre-propositions, mais "c'est comme d'habitude, il n'y a pas de dialogue ."

Après la déchéance de nationalité, François Hollande va-t-il reculer à nouveau ? "Est-ce qu'il vaut mieux reculer quand on fait une erreur que persister ? Une fois qu'on s'est engagé dans le mauvais rail, il vaut mieux s'arrêter vite, que de laisser dégénérer" , a estimé la sénatrice PS.

Présidentielle 2017 : "Je ne vois pas en quoi je suis plus illégitime que d'autres "

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris, a redit vendredi sur France Info son intention d'être candidate à une primaire de gauche pour la présidentielle de 2017. "Je ne vois pas en quoi je suis plus illégitime que d'autres à porter une voix qui rassemble la gauche ", a-t-elle expliqué. "J'ai une expérience. Je veux contribuer à ce débat pour que la gauche reste la gauche et les socialistes, socialistes ."

La sénatrice PS a réexpliqué qu'elle est "une opposante à une ligne qui discrédite la gauche et le modèle républicain français ". "Je constate avec tristesse que le candidat qu'on avait cru être élu pour combattre ce discrédit, redresser notre économie et notre industrie, fait l'inverse ."

Salafisme : "Il y a des quartiers où s'installent une tension, une pression "

Marie-Noëlle Lienemann  s'explique aussi sur un passage de son livre Merci pour ce changement !  sur le terrorisme et les banlieues : "Reviennent les éternels commentaires sur les banlieues, les quartiers populaires, comme s'ils étaient le terreau principal du djihadisme. On sait que c'est loin d'être le cas ."

"Je connais cet univers, j'y vais souvent. Il faut distinguer trois choses, le djihad, les gens qui passent à un mécanisme de nihilisme qui prend l'islam comme ils auraient pu prendre autre chose. Deuxièmement, il y a la montée du courant salafiste, de gens qui se mettent hors la République quelque part dans leur conception qu'ils ont de la société, d'une contre société qu'ils organisent. Il y a des quartiers où s'installe une tension, une pression. Troisièmement, il y a des quartiers où la grande délinquance est devenue invivable, insupportable. Tout ce mêle. Simplement on ne peut pas traiter les choses de la même manière ." Marie-Noëlle Lienemann estime qu'il va falloir travailler sur "l'éducation populaire " par rapport au courant salafiste.

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