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Les médias en font-ils assez pour les européennes ?

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C’est la dernière polémique, presque aussi artificielle que celle sur la Marseillaise.
Article rédigé par
Radio France
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 Elle est entretenue par des candidats de tous bords qui dénoncent l’indigence du traitement médiatique, sur le mode : "Les journalistes décident que ça n’intéresse pas les Français, donc ils n’en parlent pas".

Mention spéciale pour l’eurodéputée socialiste Pervenche Berès, tête de liste en Île-de-France, qui a déclaré avec un certain humour : les télés préfèrent diffuser l’Eurovision que l’Euro-débat entre les candidats à la présidence de la commission.

Elle n’a pas tort. Mais à qui la faute ?

C’est un peu la poule et l’œuf : rares sont ceux qui comme Dany Cohn-Bendit ont une vision, savent parler du sujet avec fougue, avec passion. Le mode de scrutin régional a projeté sur le devant de la scène une armée d’inconnus – désolé pour eux - qui n’accrochent pas la lumière, et quelques figures qui se retrouvent là, parce qu’elles ont échoué ailleurs.

Ça ne fait pas rêver. Et ça limite les possibilités.

Il faudrait embaucher Conchita Wurst pour faire décoller la fin d’une campagne qui s’annonce aussi terne que les précédentes.

 

L’accusation est fondée ?

 

Les médias traitent, mais ce n’est pas la une.

La matière est austère, techno : pas facile de parler de cette machine communautaire, assimilée à un monstre bureaucratique.

Et pourtant : il y en a plein dans la presse, des pages spéciales tous les jours dans les grands quotidiens. Libération sur les traces des candidats en région. Le Figaro et son grand dossier sur le traité de libre-échange, Le Parisien et son « Bruxelles, mode d’emploi » . Pardon pour ceux que j’oublie…

Il faut les lire !

Nous-mêmes à France Info , comme sur toutes les autres chaines, consacrons tous les jours sujets et invités à ce vote qui ne déplacera pourtant pas les foules. Ce travail est fait, mais il n’intéresse guère le public, il ne fait pas vendre.

Comment expliquer ce désamour ?

 

Les Français sont fatigués de la politique, des campagnes électorales à répétition, des promesses jamais tenues, des débats gauche-droite stériles. Si ça ne va pas chez nous, c’est la faute à l’Europe, martèlent certains politiques nationaux ?

Mais que proposent-ils en échange, mis à part des hausses d’impôts, des plans d’austérité à 50 ou 130 milliards, ou des solutions gauloises pas plus convaincantes de repli du soi, dans un monde de titans où il n’est plus possible d’être un nain économique.

 

Quand est-ce que le pas sera franchi dans les esprits ?

 

Le jour où l’Europe infusera nos conversations à la maison. Imaginez la scène, le soir après le travail :

  • Bonsoir, ça n’a pas l’air d’aller, tu en fais une drôle de tête !

  • C’est à cause du Tafta, ce traité de libre-échange m’angoisse !

    Ou encore, autre scène imaginaire :

  • Chéri, je suis crevé, tu peux débarrasser la table, s’il te plait ?

  • Non mais tu rêves, tu me prends pour un travailleur déplacé ?

    Et voilà, le jour où vous aurez ce type d’engueulade à la maison, nous aurons gagné. L’Europe sera intégrée.

    En attendant, les médias font ce qu’ils peuvent. Et tout le monde s’en fiche.

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