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L'UMP au bord du dépôt de bilan

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La révélation du montant de la dette, 74,5 millions d'euros, inquiète les dirigeants de l'UMP, quant à sa survie. Car, au train où vont les choses, le parti pourrait ne pas survivre à sa dette, à ses querelles et à ses affaires.
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Radio France
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"Il faut qu’elle se transforme, au propre comme au figuré, sinon ce sera la fin", prédit un responsable du parti. La révélation mardi du montant de la dette, 74,5 millions d’euros, a provoqué un choc : une moitié pour le siège, rue de Vaugirard, l’autre pour la campagne de 2012 et ses dérapages.

Les interrogations portent sur le train de vie de l’ère Copé. Les salaires de certains cadres révélés à la une des journaux n’ont pas été démentis et sont vécus comme des coups de poignards au sein des fédérations priées de se serrer la ceinture. Les militants sont furieux, eux qui ont dû remettre au pot l’an dernier, à hauteur de 11 millions, lors du Sarkothon, pour rembourser les frais de campagne invalidés de Nicolas Sarkozy. 

Que peuvent faire les dirigeants du parti ?

Le trio des anciens Premiers ministres a du pain sur la planche. Une cure d’abstinence s’impose. Il faudra aller à la bataille en 2017 avec des caisses quasiment vides. La situation est d’autant plus tragique que Xavier Bertrand a rappelé sur France Info mardi matin qu’il avait laissé, comme son prédécesseur Patrick Devedjian, des comptes excédentaires en quittant la direction du parti. Le sénateur Roger Karoutchi a eu beau jeu d’affirmer mardi soir que l’UMP restait solvable, qu’il suffisait de remettre de l’ordre dans l’organisation et de veiller à ce que les élus payent leurs cotisations. Ça ne suffira pas. Le mal est bien plus profond.

 

Et il s’appelle Bygmalion. Le cauchemar de l’UMP n’a pas encore délivré ses secrets, à savoir où sont partis les millions d’euros non déclarés. Que dire de la nouvelle enquête préliminaire ouverte à l’encontre de Nicolas Sarkozy, qui porte sur les pénalités infligées à la suite de l’invalidation en 2012 : 360.000 euros, une paille au regard des sommes évoquées. Mais était-ce au candidat ou à l’UMP de régler l’amende ? C’est un parti exsangue que l’ancien président veut reconquérir, alors qu’il est lui-même cerné par des enquêtes judiciaires appelées à durer, qu’elle qu’en soit l’issue.

L’UMP aura du mal à s’en relever

Le départ de Jean-Louis Borloo au profit d’une UDI qui peine à trouver sa place a été préjudiciable. L’UMP, en phase de nécrose, est usée par ses querelles de chefs, divisée entre ses chapelles rivales, droite dure et centristes chiraquiens. Le débat d’idées a été balayé par les affaires au parfum de souffre, liées à l’argent.

Tous rêvent d’un nouveau parti. Nicolas Sarkozy lui-même parle de constituer une sorte de fédération à droite. L’UMP au bord du dépôt de bilan, se débat dans ses difficultés, sous le regard attentif d’une Marine le Pen. Qui n’a juste qu’à attendre, sans bouger.

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