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Florange sera-t-il le Gandrange de la gauche?

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D'ores et déjà le dossier vire au cauchemar pour le gouvernement. L'ambiance s'annonce tendue ce mercredi soir à Matignon, où Jean-Marc Ayrault reçoit les syndicats au lendemain de la divulgation de l'accord conclu avec le sidérurgiste.
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Radio France
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53 millions d'investissements stratégiques, contre 180 millions promis, l'arrêt des deux hauts-fourneaux fin mars et un jeu de chaises musicales qui devrait déplumer d'autres
sites français : le document de deux petites pages fait bien des mécontents et
pas seulement chez les syndicats.

C'est tout le problème de la
synthèse hollandaise. La recherche perpétuelle du compromis, du point
d'équilibre, cette façon de ne jamais se fermer aucune porte, pour in fine
choisir le chemin jugé le plus efficace au final, quand ça se passe mal, il n'y
a que des mécontents.

"Amateurisme à
rougir", "foutage de gueule
", les plus remontés sont donc les
syndicalistes dont les arguments sont, sans surprise, repris par le Front de
gauche et son président de groupe à l'Assemblée André Chassaigne.

 "Tout ça finira dans la
honte pour ceux qui ont signé cet accord"
, enchaîne Jean-Luc Mélenchon,
qui pilonne aussi la méthode du gouvernement.

"Bricolage précipité ", valse
hésitation dans les rangs socialistes, on s'inquiète et l'ambiance glaciale de
la réunion de groupe mardi matin à l'Assemblée n'a pas franchement rassuré. Jean-Marc
Ayrault et Arnaud Montebourg ne se sont pas adressé la parole, le premier droit
dans ses bottes, le second mutique et attendant son heure.

 Sur le fond du dossier, 90
députés socialistes ont signé une tribune en faveur de la nationalisation
temporaire du site de Florange et les plus déçus sont bien sûr les membres de
l'aile gauche du parti comme la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann :

"Je suis très inquiète pour l'avenir. Et une certaine colère car je pense qu'il y avait une alternative...Idéologiquement on a fait une erreur."

 La gauche socialiste, déjà
échaudée par le traité européen, et engagée dans une bataille à l'Assemblée
pour obtenir des contreparties au crédit d'impôt promis aux entreprises dans le
cadre du pacte de compétitivité autant de signaux d'un recentrage hollandais,
selon elle.

 Et la droite?

 La droite, toujours engluée dans ses
querelles internes... Elle n'est pas la plus audible en ce moment, mais donne
tout de même de la voix sur le dossier. Le député et ancien ministre UMP Marc-Philippe
Daubresse préfèrerait que le gouvernement évite "rodomontades " et "cafouillages ".

Dans sa réponse, le Premier ministre
a invoqué l'histoire récente: "Gandrange, ça vous dit quelque chose...Aujourd'hui une friche industrielle, il n'y a plus rien."

** Jean-Marc Ayrault qui choisit de
répondre à la droite plutôt qu'à sa gauche. Nouvelle preuve de prudence de la
part du Premier ministre.

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