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Européennes : le PS face au scénario catastrophe

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Manuel Valls et le Parti socialiste font campagne jusqu’au bout face à la menace Front national aux Européennes.
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Radio France
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"Moi, à 17%, je signe ". La formule est celle d’un habitué de l’Elysée, qui ne veut pas être cité de peur d’être taxé de défaitisme. Le PS en est là, à se demander si la majorité ne va pas "finir à poil dimanche", autre expression entendue rue de Solferino. Tout est bon dans les ultimes jours pour tenter de secouer une opinion publique apathique. Manuel Valls ne ménage pas ses efforts, alors que se dessine le scénario noir, théorisé à l’automne dernier par Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale : un PS noyé dans une abstention massive et une poussée populiste au sein de l’Union permettant au FN de sortir grand vainqueur dimanche. Le Premier ministre enchaîne les meetings, sa tournée fait un détour par sa ville natale de Barcelone avec Martin Schulz. Et sa rencontre avec Jacques Delors, qui s’est exprimé à sa sortie de Matignon, aura été une sorte de madeleine, une manière de raviver l’Europe héritée des pères fondateurs, un lointain souvenir, et de remettre du carburant communautaire dans une machine totalement grippée.

Le PS veut encore y croire

"Il n’y a pas de risque à s’engager, chacun sait que nous partons de très loin et les électeurs ne se décidant qu’au dernier moment ", argumente Christophe Borgel, le Mr Elections du PS. Le parti semble avoir intégré sa future troisième place. Mais mieux vaudrait terminer à 19% plutôt qu’à 14% avec un FN vainqueur, histoire d’atténuer le désastre. Les uns et les autres veulent croire que les baisses d’impôts de Manuel Valls et le décret Montebourg sur le patriotisme économique auront été entendus. "Les gens nous en parlent positivement sur les marchés , constate un député socialiste, mais est-ce que cela suffira ? ".

Les ministres sur le pont

Les plus audibles sont priés d’aller défendre la cause dans les médias. L’ennui avec les émissions télé sur les européennes, c’est qu’elles ne parlent qu’au microcosme. Un cadre du parti conclut, fataliste : "notre meilleur atout, c’est Martin Schulz, notre candidat à la présidence de la commission, ça marche, il est bon, il est percutant. Mais combien l’ont entendu  ? "

L’Elysée et le PS préparent les éléments de langage

Comment digérer une éventuelle défaite : certains plaident pour charger José Manuel Barroso, qui serait coupable d’avoir désenchanté le rêve européen à la tête de la Commission. Il y aura vite l’inévitable procès des médias, accusés d’avoir fait la part trop belle à Marine le Pen, donnée vainqueur avant l’heure. François Hollande, quant à lui, a déjà enjambé le scrutin. Le président prépare l’après-européennes : Schulz ou Junker, que faudra-t-il attendre du futur patron de la commission ? Un débat censé faire oublier l’onde de choc populiste qui se profile en Europe.

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