L'interview politique, France info

Dépénalisation du cannabis : un "bel écran de fumée" pour Benoist Apparu

Benoist Apparu, député Les Républicains de la Marne, a estimé mardi sur France Info que la proposition du secrétaire d'Etat Jean-Marie Le Guen d'ouvrir un débat sur la fin de la prohibition du cannabis est "une bonne blague, un bel écran de fumée". "C'est juste, sincèrement, vraiment pas sérieux" a estimé le maire de Châlons-en-Champagne.

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En souhaitant que le PS ouvre le débat sur la dépénalisation du cannabis, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a relancé une discussion récurrente dans le paysage politique français. "C’est une bonne blague, un bel écran de fumée ", a réagi le député Les Républicains Benoist Apparu mardi matin sur France Info. Il s'est aussi interrogé sur le moment choisi par le socialiste pour faire cette déclaration : "On est en train de débattre de l’avenir professionnel des jeunes et comme par hasard on nous crée un petit dérivatif avec un bon vieux débat sur la dépénalisation du cannabis ". Reconnaissant avoir lui-même essayé le cannabis ("il y a longtemps "), l'élu de la Marne s'est dit favorable à ce que le débat soit mené, mais à un autre moment. Il a ajouté : "Je serais contre la dépénalisation, mais on peut en débattre ".

Benoist Apparu, député Les Républicains de la Marne, a estimé mardi sur France Info que la série de mesures en faveur des jeunes annoncée mardi par Manuel Valls "est l'archétype des politiques à l'ancienne". "On fait des chèques pour tenter d'éteindre la contestation" contre la loi Travail, a-t-il jugé.

Annonces pour la jeunesse : c'est "l'archétype des politiques à l'ancienne "

Le député Les Républicains de la Marne a aussi estimé que la série de mesures en faveur des jeunes annoncée mardi par Manuel Valls "est l'archétype des politiques à l'ancienne ". "On fait des chèques pour tenter d'éteindre la contestation" contre la loi Travail, a-t-il jugé. Benoist Apparu ne voit d'ailleurs rien de nouveau dans cette série de mesures destinées à faciliter l'insertion professionnelle et le logement des jeunes. Sur la garantie jeunes, il a rappelé que "dans la loi Duflot, on nous avait préconisé une garantie universelle des loyers pour les jeunes. Manuel Valls lui-même l’avait plantée après le vote de la loi Duflot, il la ressort maintenant ". Sur l'augmentation du nombre de places en BTS pour les bacheliers technologiques, "c’est déjà dans la loi Fioraso. On nous propose de créer un quota qui est déjà dans la loi depuis deux ans ", a commenté le maire de Châlons-en-Champagne. L'ex-secrétaire d'Etat au Logement a aussi fustigé le coût de ce plan, qu'il a chiffré bien supérieur aux 500 millions d'euros annoncés par le gouvernement. Avec "la garantie jeunes, qui n’est pas dans les 500 millions, qui va coûter entre 1 et 1,5 milliard, ça fait un total de 2 milliards pour éteindre une contestation. J’avoue que les bras m’en tombent ", a commenté Benoist Apparu.

 Revenant sur la loi El Khomri, ce proche d'Alain Juppé a dénoncé enfin un gouvernement incapable de tenir sa ligne : il "est parti sur une mesure visant à assouplir le CDD, on finit par une taxe sur le CDD. Peut-être que l’on peut essayer, à un moment, de tenir le cap qu’on s’est fixé ".

"Nuit debout" : il est "légitime que ce type de mouvements puisse s'exprimer "

Le député Les Républicains de la Marne a indiqué s'être rendu lundi soir place de la République à Paris où était organisée la douxième "Nuit debout". "Je me suis arrêté place de la République pour essayer de sentir les choses. On sent une tendance plutôt altermondialiste qui est dans ce registre de la contestation sociétale et sociale ".  Cherchant une définition plus précise, Benoist Apparu, qui fait partie de l'équipe d'Alain Juppé, a poursuivi : "C’est anarcho, écolo, gaucho, je ne sais pas comment le prononcer, ça n'est pas ma tasse de thé mais ça n’est pas péjoratif quand je dis ça ". S'il ne soutient pas sur le fond, l'initiative, Benoist Apparu a estimé en revanche "légitime que ce type de mouvements puisse s’exprimer sur notre territoire, encore heureux d’ailleurs ". Affirmant comprendre l'agacement de la mairie de Paris vis-à-vis de la privatisation de la place, le député de la Marne a déclaré : "On doit pouvoir trouver une solution qui permette à ce type de mouvements de s’exprimer parce que c’est légitime tout en regardant les lieux qui sont propices à ce type de développement ". 

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