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Cahuzac-Mediapart : la bataille continue

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Jérôme Cahuzac accusé depuis mardi d'avoir détenu un compte secret en Suisse. Le ministre du Budget dément. Le site d'information contre-attaque en rendant public un enregistrement téléphonique présenté comme un "aveu". Une affaire qui pourrait se révéler délicate pour le gouvernement.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Franceinfo (Franceinfo)

La publication de cet
enregistrement, c'est le dernier rebondissement d'une affaire explosive pour le
gouvernement si la justice venait à confirmer les soupçons de Mediapart. Le
site d'information accuse le ministre d'avoir détenu, puis voulu fermer un
compte non-déclaré dans la banque suisse UBS et a mis en ligne mercredi soir ce
qu'il présente comme la trace d'une conversation entre le futur ministre et un
chargé d'affaires, à la fin de l'année 2000. Il s'agit d'un enregistrement
téléphonique. L'homme qui parle est Jérôme Cahuzac, affirme Mediapart. Mais l'enregistrement
est de mauvaise qualité.

 "Ce qui m'embête c'est
que j'ai toujours un compte à UBS mais il n'y a rien. La seule façon de le
fermer c'est d'y aller mais je ne peux pas y aller
". Puis vient la phrase
déjà mise en avant dans l'article écrit de Mediapart :"*** Ça me fait chier d'avoir un
compte ouvert là bas. Surtout s'il y a rien. UBS, c'est quand même pas
forcément la plus planquée des banques."*

La voix est-elle celle de Jérôme
Cahuzac ?

Oui, affirme Mediapart mais les inflexions, le phrasé
caractéristiques de Jérôme Cahuzac ne sont pas vraiment reconnaissables.

Comment cette conversation
a-t-elle été enregistrée ?

 il s'agit selon Mediapart
d'un "pocket call " : vous
téléphonez à quelqu'un. vous raccrochez. Et puis vous le rappelez, par erreur,
sans le savoir, votre téléphone est dans votre poche et recompose le numéro. Votre
premier correspondant peut, du coup, tout entendre d'une autre conversation
avec un second interlocuteur. c'est donc ce qui serait passé selon Fabrice
Arfi, l'auteur de l'article de Mediapart.

 La justice, qui est donc
en passe d'être saisie...

Le ministre dépose
effectivement une plainte en diffamation. Depuis le début il dément,
formellement. Ainsi cette nuit dans un communiqué, aucun des éléments dont
"croit " disposer le site internet "ne sont convaincants" et
"ne l'impressionnent" , "aucun témoin crédible ne peut affirmer
ni tenter de corroborer une chose qui n'existe pas et n'a pas existé."

Depuis hier matin, Jérôme
cahuzac est vent debout sur les antennes radios, puis à l'Assemblée, hier
après-midi, en ouverture de la séance de questions au gouvernement.   Jérôme Cahuzac, soutenu par
le gouvernement et les socialistes et plutot épargné pour l'instant par
l'opposition. Le soutien le plus important est venu de son patron, le Premier
ministre Jean-Marc Ayrault, hier soir sur France 2.

L'Assemblée nationale, le théatre d'opération favori de Jérome Cahuzac. L'ex-président de la commission des finances y fait régulièrement sensation par la portée de ses saillies contre l'opposition, et la maîtrise de ses dossiers. C'est une pièce maitresse du gouvernement, un ministre applaudi par les siens, respecté par ses adversaires. Sa mise en cause est donc d'autant plus délicate pour la majorité et un gouvernement déjà dans la tourmente du dossier Florange.

 

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