L'interview éco, France info

Financement des infrastructures : le gouvernement ne veut "pas refaire l'écotaxe"

La ministre des Transports a annoncé jeudi sur franceinfo qu'il va "falloir choisir le niveau des ressources" et ensuite déterminer les projets d'infrastructures "qui se feront plus ou moins vite".

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Elisabeth Borne, la ministre des Transports, invitée de franceinfo, le 1er février 2018.
Elisabeth Borne, la ministre des Transports, invitée de franceinfo, le 1er février 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, l'a promi jeudi 1er février sur franceinfo, le gouvernement annoncera "à la fin du mois" les mesures prises concernant les projets de transports en France. Le Conseil d'orientation des infrastructures sur l'avenir des transports a remis jeudi son rapport au gouvernement. Le but : dégager des priorités et un calendrier clair pour les projets routiers et ferroviaires. Un choix de scénario "global et sincère" a précisé la ministre avant d'ajouter "qu'il va d'abord falloir choisir le niveau des ressources qu'on veut consacrer à ces infrastructures, et ensuite - en fonction des scénarios - il y a des projets qui se feront plus ou moins vite". Elle a affirmé, que "les poids-lourds en transit doivent contribuer au financement de nos infrastructures". Concernant les professionnels français du secteur "pas de nouvelle éco-taxe".

franceinfo : En France nous avons des dizaines de projets d'infrastructures pour les routes, le train. Vous voulez faire le tri. Des experts, des élus ont fait le tour de tous ces projets et vous ont rendu leur rapport. Quelle est la priorité aujourd'hui, rénover le réseau ou créer de nouvelles lignes ?

Elisabeth Borne : La priorité dans le domaine des transports, celle qui a été affirmée par le président de la République et que je porte depuis mon arrivée au ministère des Transports, ce sont les transports de la vie quotidienne. Cette priorité nous oblige à repenser notre politique de mobilité et elle nous oblige aussi à repenser nos choix en terme d'infrastructures.

Est-ce qu'elle vous oblige à abandonner certains projets qui sont, pour certains, dans les cartons depuis des décennies ?

Elle nous oblige à faire des choix mais elle nous oblige surtout à sortir de promesses non financées qui ont été faites un peu partout sur le territoire. On a annoncé des projets partout, comme des lignes nouvelles ferroviaires par exemple, mais sans se préoccuper de savoir comment on allait les financer. L'approche qui a été menée par le Conseil d'orientation des infrastructures, est d'être cohérent par rapport à l'ensemble des projets et d'avoir aussi une approche sincère. Si on annonce des projets on s'assure qu'on a le financement qui va avec.

Il y a par exemple ce projet de ligne à grande vitesse entre Paris, Orléans, Clermont-Ferrand et Lyon. Allez-vous l'abandonner ?

Les projets dans le rapport ne sont pas abandonnés. Le rapport marque des grandes priorités. La priorité à l'entretien et à la modernisation des réseaux. Quand les réseaux sont mal entretenus, des trains font l'objet de ralentissements. Ce rapport porte aussi une autre priorité que je partage, celle de se préoccuper des territoires qui souffrent de l'enclavement parce que les routes qui leur permettent de rejoindre les métropoles, qui les relient aux grands axes, n'ont pas été modernisées. Les projets ne sont pas abandonnés. Ils sont placés dans un calendrier avec certains apparus comme prioritaires et d'autres qui viendront plus tard. Il faut savoir qu'une ligne nouvelle de TGV, c'est souvent plus de 10 milliards d'euros. Si on ne réfléchit pas à un phasage, on peut faire un projet pendant un quinquennat et on ne fait pas tous les autres.

Donc je n'aurai pas de réponse précise à ma question. Un mot de la fameuse ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse. Est-ce qu'elle se fera ou pas ?

Il y a différents scénarios. C'est important de vouloir faire des projets. C'est important de savoir comment on va les financer. Selon les scénarios, la ligne sera de toute façon traitée sur ses extrémités, c'est-à-dire les gares de Toulouse et de Bordeaux. Quand on a inauguré les nouvelles lignes vers la Bretagne et vers Bordeaux on avait peut-être oublié de traiter la gare Montparnasse qui a connu quelques problèmes. C'est donc une question de bon sens de dire que quand on fait une nouvelle ligne, il faut commencer par traiter les gares et s'assurer qu'elles ont la capacité pour recevoir les voyageurs. Dans tous les scénarios, ces gares sont traitées rapidement, ensuite il y a différents phasages sur la ligne à grande vitesse elle-même.

Quand allez-vous décider ?

D'ici la fin du mois, le gouvernement annoncera son choix de scénario, qui sera global et sincère. Il va d'abord falloir choisir le niveau des ressources que l'on veut consacrer à ces infrastructures - il y a des priorités qui sont dans tous les scénarios - et ensuite, selon les scénarios, vous voyez que les projets se feront plus ou moins vite.

Qui va payer pour ces nouveaux projets ? Allez-vous faire payer les poids-lourds ? Allez-vous instaurer une vignette ?

Il faudra sans doute plus de ressources. L'idée est d'aller les chercher chez les utilisateurs notamment les poids-lourds en transit dans notre pays comme les poids-lourds étrangers qui traversent le pays. (Concernant les poids-lourds français) Il y a des propositions dans le rapport, rien n'est décidé à ce stade. Je pense qu'il y a un point clair. Ces poids-lourds en transit doivent contribuer au financement de nos infrastructures. Les professionnels peuvent être rassurés. Rien ne sera décidé sans en parler avec eux. Par ailleurs, on ne refera pas l'écotaxe.

Elisabeth Borne, la ministre des Transports, invitée de franceinfo, le 1er février 2018.
Elisabeth Borne, la ministre des Transports, invitée de franceinfo, le 1er février 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)