Énergie : Thomas Pellerin-Carlin, de l’institut Jacques Delors, appelle à "une mobilisation générale" pour "économiser chaque centilitre de gaz"

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Pour que l'Europe puisse se passer du gaz russe, le spécialiste de l'énergie estime qu'il faut "économiser tout le gaz qu’on peut économiser"et changer nos habitudes de consommation. 

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Thomas Pellerin-Carlin, directeur du Centre énergie de l’institut Jacques Delors, le jeudi 10 mars 2022.  (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Comment se passer rapidement du pétrole et du gaz russes ? Les Européens veulent relever ce défi, alors que la guerre en Ukraine s’intensifie. Ils sont réunis en sommet à Versailles. Invité éco de franceinfo jeudi 10 mars, Thomas Pellerin-Carlin, directeur du Centre énergie de l’institut Jacques Delors, estime que c’est possible, au prix d’une "mobilisation générale".  

Le spécialiste rappelle que "40% du gaz qu’on consomme en Europe vient de Russie". Il faut donc, selon lui, "économiser tout le gaz qu’on peut économiser", d’abord en réduisant notre consommation. Baisser le chauffage, explique-t-il, est un levier efficace : "Si tous les Français réduisent d’un degré la température chez eux, on réduit de 10% les importations de gaz russe".  

"Nos grands-parents peuvent nous rappeler que normalement, chez nous, on doit avoir un pull en hiver. Évidemment, ça ne suffira pas, mais c’est le plus rapide à mettre en place."

Thomas Pellerin-Carlin, de l'institut Jacques Delors

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Le chercheur souhaite d’ailleurs que l’État appelle à lutter contre le gaspillage, comme il l’a fait après le choc pétrolier de 1973.  

La sécurité énergétique au service du climat  

Pour remplacer le gaz russe, les Européens devront tout de même faire appel à d’autres fournisseurs, dans d’autres pays. Mais selon le spécialiste, ils le feront à un prix exorbitant : "Pendant la décennie 2010, les prix du gaz oscillaient entre 10 et 20 euros le mégawattheure. Aujourd’hui, ils oscillent entre 200 et 300 euros. Le gaz est vingt fois plus cher que ce qu’on a connu". La solution est donc bien, d’abord, estime-t-il, de faire appel à de nouvelles sources d’énergie, meilleures pour le climat.  

Selon Thomas Pellerin-Carlin, "95% de ce qu’il faut faire pour assurer notre sécurité énergétique, c’est aussi des choses qui sont bonnes pour le climat, et vice-versa. Rénover sa maison ou installer des chauffe-eau solaires, c’est bon à la fois pour le climat et pour la sécurité énergétique".  

 

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